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"Les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques" de Iain LEVISON

Ah bah, c'est sûr, quand j'ai vu ce titre génial sur le présentoir de ma médiathèque, je n'ai pas hésité !  Le premier chapitre nous installe d'emblée en terrain connu, celui du roman noir américain, dans une forme légère, sinon parodique. Justin Sykes est un bon avocat, diplômé de Columbia, qui a choisi de travailler à  l'aide juridictionnelle (enfin, on en saura un peu plus sur ce "choix" plus tard dans le roman...). C'est-à-dire qu'il se coltine tous les cas attribués aux commis d'office : exhibitionniste récidiviste, braqueur de magasins de spiritueux... Il conseille ses clients avec beaucoup d'expérience et un poil de cynisme : à un client qui s'est fait tabasser par la police il suggère " Vous pouvez vous faire saigner un peu devant le juge ? Ça pourrait aider pour le transfert ". Ce chapitre se conclut ainsi : " Voilà comment je gagne ma vie. [...] Vous ne voyez peut-être rien d'héroïque là-dedans. Et vous avez...

La sélection de Cath (1)






Fille noire fille blanche de Joyce Carol OATES

Au coeur des années 1970, dans un collège prestigieux, se rencontrent Genna, descendante du fondateur du collège, et Minette Swift, fille de pasteur, boursière afro-américaine, venue d'une école communale de Washington. Genna n'aura de cesse qu'elle protége Minette de la discrimination raciale des autres étudiantes.
L’Immense romancière américaine nous régale encore une fois.
Comme très souvent, son sujet véritable ne se révèlera que petit à petit : au-delà de la discrimination raciale, il s’agit surtout de montrer l’autodestruction de deux jeunes filles, victimes des idéologies transmises par leurs parents. Et finalement les héroïnes de Joyce Carol Oates ne sont ni tout à fait blanches ni tout à fait noires, mais toutes en nuances


Lark et Termite de Jayne Ann PHILIPPS

Quatre voix, provenant de la Corée du Sud en 1950 et de la Virginie occidentale en 1959, révèlent des secrets d'aliénation, de solitude, de paternité et de filiation : celle du soldat Leavitt à l'agonie, celle de Nonie, sa belle-soeur, qui a élevé sa nièce et son neveu, celle de Lark, une adolescente qui veut garder près d'elle Termite, son frère handicapé mental et moteur, et celle de Termite.
Attention : ce roman est une pure merveille : il mérite largement que l’on s’accroche un peu au début.
Ce récit polyphonique où les sensations règnent en maitres, où la générosité et l’amour triomphent de la haine et de guerre fait évidemment penser à Faulkner et s’inscrit dans la lignée des grands romans du Sud

Commentaires

Kesketalu a dit…
Joyce Carol Oates, en vieillissant, devient comme Doris Lessing, sainement réac et vomissant le politiquement correct. Comme elle aussi est inattaquable sur le plan idéologique, elle peut se permettre de créer des personnages noirs antipathiques, et de décrier à la fois une certaine gauche bien-pensante incarnée dans ce roman par les parents de Genna et par Genna elle-même, et la religion, incarnée par Minette et sa famille. Deux embrigadements aux conséquences tragiques et multiples...