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"Je suis Romane Monnier" de Delphine de VIGAN

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Romane Monnier, si elle était de la génération X*, écouterait Le Mal de vivre de Barbara ou Ultra moderne solitude d'Alain Souchon. Mais Romane Monnier est de la GenZ, comme on dit, et sa béquille n'est pas la musique mais son smartphone, réceptacle, via les applis qu'elle utilise, d'une vie intérieure qui se dégrade, et témoin du chemin qui va la mener à "s'effacer". Témoin puisqu'elle va s'arranger pour le laisser à un inconnu avec une formule ambiguë et polysémique :  "Gardez-le". Le hasard (mais est-ce le hasard ? je vous laisse découvrir les détails romanesques de cette offrande) fait bien les choses, car le nouveau gardien de la vie de Romane est Thomas, quadragénaire sensible et mélancolique, père inquiet d'une jeune fille qu'il a élevée seul. De la génération Y*, il utilise le smartphone (qui n'est pas tout à fait une extension de lui-même, il a connu la vie "sans...

Les Séparées de Kéthévane DAVRICHEWY

Les romans ado regorgent de ces histoires d’amitié-amour, de ces relations un peu ravageuses, on aime s’inventer une histoire aussi forte, des amitiés pour lesquelles on est prête à tout… Mais les romans adultes sont plus rares sur ce sujet, comme si l’amour était le seul grand sentiment. Et pourtant…
L’amitié est souvent réduite, à un sentiment un peu plus fade que l’amour, quelque chose de secondaire ; ce qui est une grave erreur… Car il y a des blessures d’amitié qui ne se referment jamais et qui font souffrir davantage qu’une rupture amoureuse. C’est exactement de cela que nous parle Kéthévane Davrichewy dans Les séparées. Alice et Cécile, Cécile et Alice… une relation d’amitié fusionnelle, filiale presque, malsaine parfois? Ce sentiment que sans l’autre, il nous manque quelque chose…Cet alter ego.
Le roman commence en 1981 au jour de la victoire de Mitterrand, mais on bascule vite dans le monde d’aujourd’hui avec des flash back sur cette relation hors normes. On suit l’évolution de cette amitié, le pourquoi du déchirement et l’absence douloureuse, jamais comblée.
Chaque mot trouve sa place, les silences sont justes et nécessaires. Parfois l'auteur effleure les sentiments et pourtant on les ressent si fort.
Les personnages ont tous leur place dans le récit, sont tellement humains dans leur faiblesse ou dans leur dureté mais ils existent, ils sont là, tellement vivants qu'on a l'impression d'y reconnaître des visages connus. L’atmosphère est dense, parfois lourde, on ne tombe jamais dans la facilité.

Ce roman a fait remonter pleins de souvenirs en moi, des bons ou des moins bons, des blessures parfois. Je les refermais en me disant que ce livre allait me poursuivre... doucement et de loin, mais il sera là pendant un petit moment...
Charlotte

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