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"Je suis Romane Monnier" de Delphine de VIGAN

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Romane Monnier, si elle était de la génération X*, écouterait Le Mal de vivre de Barbara ou Ultra moderne solitude d'Alain Souchon. Mais Romane Monnier est de la GenZ, comme on dit, et sa béquille n'est pas la musique mais son smartphone, réceptacle, via les applis qu'elle utilise, d'une vie intérieure qui se dégrade, et témoin du chemin qui va la mener à "s'effacer". Témoin puisqu'elle va s'arranger pour le laisser à un inconnu avec une formule ambiguë et polysémique :  "Gardez-le". Le hasard (mais est-ce le hasard ? je vous laisse découvrir les détails romanesques de cette offrande) fait bien les choses, car le nouveau gardien de la vie de Romane est Thomas, quadragénaire sensible et mélancolique, père inquiet d'une jeune fille qu'il a élevée seul. De la génération Y*, il utilise le smartphone (qui n'est pas tout à fait une extension de lui-même, il a connu la vie "sans...

Contagion de Steven SODERBERGH

Phobiques du contact, évitez ce film... Un virus mortellement foudroyant se répand comme une traînée de poudre dans les grandes villes du monde : en quelques heures, le patient meurt de convulsions. A travers de nombreux personnages illustrant différents points de vue (victimes, entourage des victimes, gouvernement, OMS, activistes etc...), on assiste à la course contre la montre "hommes versus virus"...
Loin des canons du film catastrophe, dont le spectaculaire maintient finalement le spectateur à distance, Contagion joue la carte de l'hyperréalisme. Si ce n'est la présence de stars à l'écran, on jurerait presque être devant un documentaire. Et les stars, justement, Soderbergh ne les ménage pas et n'a pas son pareil pour les banaliser, les rendre ordinaires. Lorsqu'ils incarnent des victimes (Gwyneth Paltrow, Kate Winslet...) la maladie ne les épargne pas plus que les personnages anonymes. Tous sont d'une sobriété et d'une intensité remarquables.  Matt Damon prouve une fois de plus, en veuf inconsolable, génétiquement immunisé contre la maladie, qu'il est un des meilleurs acteurs de sa génération. Le récit est  rapide (mais pas brouillon comme certains critiques l'écrivent), le préambule, uniquement musical, qui décrit la progression inéluctable de la maladie à partir de la patiente zéro, est prodigieux de maîtrise.
IsaH

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