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"Les Lieux souterrains" de Gustavo FAVERÓN PATRIAU

Gustavo Faverón Patriau nous offre un séjour dans Les lieux souterrains , grâce à une exceptionnelle traduction de Robert Amutio, ouvrage paru aux éditions Christian Bourgois. Comment parler de ce livre sidérant ? Résumer l’intrigue est aussi impossible qu’inutile : sachez simplement que George Bennett apprend, à l’occasion d’un drame familial, que son père, par ailleurs peu aimant (il est incapable de regarder son fils dans les yeux), est un agent de la CIA et qu’il a mis en place, aidé et collaboré avec presque tous les régimes autoritaires d’extrême droite sud-américains, allant jusqu’à organiser et participer à des séances de torture dans des lieux qu’il a lui-même conçus. George, décide alors de partir sur les traces de ce père (dont il porte le prénom), aussi honni que mystérieux, pour tenter de comprendre, et peut-être de réparer. On plonge dans ces labyrinthes et ces souterrains aux côtés du narrateur : on s’y perd, on croit s’y retrouver pour mieux à nouveau ...

Le Havre d'Aki Kaurismäki

Ma ville natale attire de plus en plus les cinéastes. Sa lumière, son architecture graphique, l'ambiance, au choix portuaire ou balnéaire, en font un décor de choix. Aki Maurismaki y a rajouté les havrais, avec accent, trogne et gouaille quasi parigote... Ils entourent avec poésie les héros de cette histoire en forme de conte, qui allie la lenteur aride des films scandinaves et le "feel good movie". J'entendais Cedric Kahn expliquer qu'il avait choisi exprès des héros jeunes, beaux et connus pour son film social sur le surendettement (Une vie meilleure) afin d' accentuer l'effet d'identification... Aki le finlandais fait tout le contraire, il met en scène des cabossés de la vie et leurs visages souvent filmés en gros plan révèlent toute leur dignité. André Wilms et sa partenaire finlandaise vivent une histoire d'amour qui nous étreint, le gamin clandestin dans son opacité même est bouleversant, et les seconds rôles, Darroussin en tête, font des merveilles. C'est souvent drôle, grâce à André Wilms, lunaire, et au phrasé très châtié de tous ces "gens de peu". Les éléments de décor (voitures, vêtements,...) mélangent les époques, créant une confusion visuelle très poétique. On a envie de croire à cette histoire de solidarité entre gens qui n'ont rien, aidés par un commissaire a priori intransigeant, mais que désarmera toujours le regard d'un innocent, surtout si c'est un enfant.
IsaH

Commentaires

Ann a dit…
Oui c'est fou comme Le Havre est devenu mode depuis peu dans les milieux branchés parisiens. On ne compte plus les amis qui veulent découvrir cette ville.Il faut dire merci qui? merci Aki!!
Un beau film sur un beau sujet avec des acteurs convaincants, que du bonheur et avec Ti Bob en prime.........

Ann