Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...

Une soirée en famille. Théo fête ses 20 ans, avec sa mère, son frère, sa fiancée et quelques amis. La grand-mère, centenaire et très malade, est dans son lit, quelque part dans la maison. Le père ne fait que passer. Niels offre à son frère Théo un jeu "Personnages et caractères". Une sorte de jeu de la vérité : on tire des cartes avec des questions plus ou moins personnelles, qu’on choisit de poser à tel ou tel participant. Evidemment la partie de plaisir devient un jeu de massacre, et les secrets, rancoeurs et tensions se révèlent au grand jour.
Ultra classique, me direz-vous. L’originalité du roman est ailleurs, dans sa forme. On commence avec une suite de courts monologues intérieurs des différents protagonistes, qui nous dévoilent peu à peu l’intrigue, indirectement ("Choses pensées"). Les caractères de chacun sont plantés, et le fil de la soirée, avec tous ses rebondissements, est dévoilé entièrement à la fin de cette partie. On apprend ainsi très vite, que Marina, l’amie d’enfance de Théo, venue avec son petit garçon, a eu il y a quelques années une liaison avec Niels. Et qu’elle a gardé le secret sur le fait que Niels est en fait le père de l’enfant. Dans la deuxième partie, intitulée "Choses dites", Alice Ferney retranscrit les dialogues de la soirée, et rien que les dialogues, sans rien y ajouter. Ce qu’on sait de chacun, se trouve complété, éclairé, confirmé. La troisième partie, "Choses rapportées", enfonce le clou : un narrateur extérieur, omniscient, raconte la soirée en mettant en lumière tous les tenants et aboutissants des relations qui lient les protagonistes.
Le procédé est brillant, forcément il y a des redondances, qui parfois sont des répétitions et le roman n’échappe pas à certaines longueurs. Mais globalement on avance assez fascinés par ce jeu de miroirs très fin. La question essentielle qui sous-tend tout le roman, est : comment sommes-nous perçus par les autres, quelle image donnons-nous de nous mêmes ? Il parle de la souffrance à ne pas correspondre pour les autres à l’image qu’on a de soi-même. Et aussi, faut-il révéler les secrets, que gagne-t-on vraiment à le faire ?
Un beau roman, sensible et brillant à la fois, à découvrir dans le foisonnement de la rentrée littéraire.
Isa
Un beau roman, sensible et brillant à la fois, à découvrir dans le foisonnement de la rentrée littéraire.
Commentaires
Tout y est!!!
Un de mes ouvrages préférés!!!
Charlotte
Je me demande juste pourquoi le terme "poudroiment" revient si souvent. Curieux tout de même...
J'aime beaucoup et meri du conseil.
Anne