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"Artemisia", une BD de Nathalie FERLUT et Tamia BAUDOIN

Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

"Les Autres" d'Alice FERNEY


Une soirée en famille. Théo fête ses 20 ans, avec sa mère, son frère, sa fiancée et quelques amis. La grand-mère, centenaire et très malade, est dans son lit, quelque part dans la maison. Le père ne fait que passer. Niels offre à son frère Théo un jeu "Personnages et caractères". Une sorte de jeu de la vérité : on tire des cartes avec des questions plus ou moins personnelles, qu’on choisit de poser à tel ou tel participant. Evidemment la partie de plaisir devient un jeu de massacre, et les secrets, rancoeurs et tensions se révèlent au grand jour.
Ultra classique, me direz-vous. L’originalité du roman est ailleurs, dans sa forme. On commence avec une suite de courts monologues intérieurs des différents protagonistes, qui nous dévoilent peu à peu l’intrigue, indirectement ("Choses pensées"). Les caractères de chacun sont plantés, et le fil de la soirée, avec tous ses rebondissements, est dévoilé entièrement à la fin de cette partie. On apprend ainsi très vite, que Marina, l’amie d’enfance de Théo, venue avec son petit garçon, a eu il y a quelques années une liaison avec Niels. Et qu’elle a gardé le secret sur le fait que Niels est en fait le père de l’enfant. Dans la deuxième partie, intitulée "Choses dites", Alice Ferney retranscrit les dialogues de la soirée, et rien que les dialogues, sans rien y ajouter. Ce qu’on sait de chacun, se trouve complété, éclairé, confirmé. La troisième partie, "Choses rapportées", enfonce le clou : un narrateur extérieur, omniscient, raconte la soirée en mettant en lumière tous les tenants et aboutissants des relations qui lient les protagonistes.
Le procédé est brillant, forcément il y a des redondances, qui parfois sont des répétitions et le roman n’échappe pas à certaines longueurs. Mais globalement on avance assez fascinés par ce jeu de miroirs très fin. La question essentielle qui sous-tend tout le roman, est : comment sommes-nous perçus par les autres, quelle image donnons-nous de nous mêmes ? Il parle de la souffrance à ne pas correspondre pour les autres à l’image qu’on a de soi-même. Et aussi, faut-il révéler les secrets, que gagne-t-on vraiment à le faire ?
Un beau roman, sensible et brillant à la fois, à découvrir dans le foisonnement de la rentrée littéraire.
Isa

Commentaires

Anonyme a dit…
Quel délice! Ecriture magnifique, personnages très attachants, récit captivant, forme du roman originale...
Tout y est!!!
Un de mes ouvrages préférés!!!

Charlotte
Amélie a dit…
La critique et le commentaire m'ont convaincu. Je me lance dans la lecture de ce roman là...
Amélie a dit…
Les peronnages sont très attachants, c'est certain. J4ai une tendresse particulière pour Fleur.

Je me demande juste pourquoi le terme "poudroiment" revient si souvent. Curieux tout de même...
Ann a dit…
Une belle histoire de famille et des réflexions sur la vie qui sonnent juste.

J'aime beaucoup et meri du conseil.

Anne