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"Artemisia", une BD de Nathalie FERLUT et Tamia BAUDOIN

Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

"Black Rabbit", série noire

 

Convoquant un New York un peu révolu, poisseux et sombre comme celui des années 70, voilà une série intéressante à découvrir sur Netflix et MyCanal. Imparfaite à bien des égards, elle se distingue pourtant des productions souvent aseptisées proposées par la plate forme de streaming.
D'abord, pour son casting. Je ne sais pas vous, mais j'aime beaucoup le britannique Jude Law, bel homme excellant dans beaucoup de registres, et l'américain Jason Bateman, dont le physique habituellement passe-partout est ici métamorphosé façon Big Lebowski. 
Ensuite pour ses décors, qui justement n'en sont pas car tout est filmé en lieux réels, de Coney Island au Lower Manhattan, des platforms du métro aux rues embouteillées où les héros courent pour échapper à leur destin, en passant par les toits avec vue sur le Manhattan Bridge.
Autres points forts : l'éclairage, de plus en plus sombre au fur et à mesure que l'intrigue avance ; la musique particulièrement bien utilisée, avec des décalages d'ambiance bienvenus et des moments où elle laisse toute la place au silence ; la réalisation, nerveuse et en phase avec l'atmosphère (à noter que Jason Bateman a réalisé les deux premiers épisodes).

L'histoire est classique, certains diraient vue et revue, mais quoi, on aime bien ces intrigues qui plongent les personnages dans une succession d'embûches, on se souvient par exemple d'After Hours, de Scorsese et plus récemment d'Uncut Gems des frères Saftie. 
Le solaire et ambitieux Jake (Jude Law) est à la tête d'un bar restaurant branché, fréquenté par des rappeurs célèbres et autres plasticiens en vue. Lorsque son frère Vin (Jason Bateman), éternel persona non grata (il dit lui-même "porter la poisse"), réapparaît, Jake va le (re)prendre sous son aile. Seulement voilà, Vin doit une coquette somme d'argent à des malfrats qui le traquent, et va emporter Jake dans la tourmente. 
Gravitent autour d'eux des personnages secondaires, assez peu creusés et servant plutôt de catalyseurs aux différents ressorts du scénario, ce n'est pas l'aspect le plus réussi de la série. Jake et Vin n'en sont que mieux servis par l'intrigue et les dialogues, et en quelques flashbacks durs, émouvants et éclairants sur leur enfance, on comprend mieux ce qui fonde leur attachement mutuel quasi viscéral. Les méchants sont aussi très bien dessinés : Mancuso le patriarche sourd et muet (ça a son importance...), plus lié aux deux frères qu'on ne le pense, flanqué de son fils et son acolyte en duo de baltringues exécuteurs des basses oeuvres...
Malgré quelques longueurs, j'ai complètement adhéré à l'univers proposé, et pris fait et cause pour ces deux frères très attachants, malgré ou à cause de leurs défauts et zones d'ombre. La fin est logique, nette, ce qui est devenu assez rare dans le monde des séries (qui ménagent toujours une suite possible).

IsaH 

 


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