Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...
D'elle j'avais adoré "Légende d'un dormeur éveillé", cette magnifique évocation du poète Robert Desnos, et "Le bureau d'éclaircissement des destins". "L'Homme sous l'orage" ne fait pas exception, et je ne suis pas loin de tenir Gaëlle Nohant pour l'une des plus grandes plumes françaises du moment.
Chacun de ses romans nous plonge dans une période particulière, et il s'agit ici de la 1ere guerre mondiale. Pour une fois, nous ne sommes pas dans l'Est de la France ou dans la Somme, mais dans un domaine viticole des Pyrénnées orientales, non loin de la frontière espagnole, celle-là-même qu'empruntent les plus chanceux des déserteurs, ceux qui ne sont pas arrêtés et fusillés avant d'avoir quitté la France. Théodore Brienne est de ceux-là (les chanceux). Mais avant cela, il passe plusieurs mois dans le grenier du chateau, caché par la jeune Rosalie qui a eu pitié de lui. Théodore, dans une ancienne vie a été un peintre en vue, proche des Fauves et du mouvement du Blau Reiter. Rosalie découvre l'art en même temps que l'amour.
Mais quel avenir cet amour clandestin a-t-il ?
Comme elle sait si bien le faire, Gaëlle Nohant reconstitue l'ambiance d'une époque, restitue l'absurdité et la cruauté de "la grande boucherie" et nous donne littéralement à voir quelques unes des oeuvres d'André Derain, Franz Marc ou August Macke.
Chaque phrase est dense et juste, à sa place. Et pourtant, aucune froideur dans le style de Gaëlle Nohant. Il ne s'agit pas de la fameuse écriture "au scalpel", mais au contraire d'une prose, qui par son économie et sa justesse donne toute sa place à une émotion vraie.
Chacun de ses romans nous plonge dans une période particulière, et il s'agit ici de la 1ere guerre mondiale. Pour une fois, nous ne sommes pas dans l'Est de la France ou dans la Somme, mais dans un domaine viticole des Pyrénnées orientales, non loin de la frontière espagnole, celle-là-même qu'empruntent les plus chanceux des déserteurs, ceux qui ne sont pas arrêtés et fusillés avant d'avoir quitté la France. Théodore Brienne est de ceux-là (les chanceux). Mais avant cela, il passe plusieurs mois dans le grenier du chateau, caché par la jeune Rosalie qui a eu pitié de lui. Théodore, dans une ancienne vie a été un peintre en vue, proche des Fauves et du mouvement du Blau Reiter. Rosalie découvre l'art en même temps que l'amour.
Mais quel avenir cet amour clandestin a-t-il ?
Comme elle sait si bien le faire, Gaëlle Nohant reconstitue l'ambiance d'une époque, restitue l'absurdité et la cruauté de "la grande boucherie" et nous donne littéralement à voir quelques unes des oeuvres d'André Derain, Franz Marc ou August Macke.
Chaque phrase est dense et juste, à sa place. Et pourtant, aucune froideur dans le style de Gaëlle Nohant. Il ne s'agit pas de la fameuse écriture "au scalpel", mais au contraire d'une prose, qui par son économie et sa justesse donne toute sa place à une émotion vraie.

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