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"Les Eléments" de John BOYNE

Je viens de terminer ce roman qui est une "claque" à bien des égards, difficile d'en parler, car il mérite particulièrement d'être lu sans trop en savoir. Les Eléments du titre (eau, terre, feu, air) renvoient à quatre narrations distinctes, qui s'imbriquent pourtant par des fils puissants qui les relient les unes aux autres. Quatre personnages principaux, et beaucoup d'autres, s'y rattachent, tous protagonistes de crimes et abus sexuels à différents niveaux d'implication :  femme d'un président de ligue de natation pédophile, footballeur pris dans un scandale de viol en réunion, femme victime et coupable de viols, père de famille abusé à 14 ans, et tous leurs proches. Rarement la notion si galvaudée de circonstance atténuante aura été fouillée aussi finement. Rien n'est ici noir ou blanc, tous (hormis un personnage) sont des âmes grises, selon la célèbre expression de Philippe Claudel. Comment surmonter les traumatismes d'enfance (les repr...

"L'Homme sous l'orage" de Gaëlle NOHANT

D'elle j'avais adoré "Légende d'un dormeur éveillé", cette magnifique évocation du poète Robert Desnos, et "Le bureau d'éclaircissement des destins". "L'Homme sous l'orage" ne fait pas exception, et je ne suis pas loin de tenir Gaëlle Nohant pour l'une des plus grandes plumes françaises du moment.
Chacun de ses romans nous plonge dans une période particulière, et il s'agit ici de la 1ere guerre mondiale. Pour une fois, nous ne sommes pas dans l'Est de la France ou dans la Somme, mais dans un domaine viticole des Pyrénnées orientales, non loin de la frontière espagnole, celle-là-même qu'empruntent les plus chanceux des déserteurs, ceux qui ne sont pas arrêtés et fusillés avant d'avoir quitté la France. Théodore Brienne est de ceux-là (les chanceux). Mais avant cela, il passe plusieurs mois dans le grenier du chateau, caché par la jeune Rosalie qui a eu pitié de lui. Théodore, dans une ancienne vie a été un peintre en vue, proche des Fauves et du mouvement du Blau Reiter. Rosalie découvre l'art en même temps que l'amour. 
Mais quel avenir cet amour clandestin a-t-il ?

Comme elle sait si bien le faire, Gaëlle Nohant reconstitue l'ambiance d'une époque, restitue  l'absurdité et la cruauté de "la grande boucherie" et nous donne littéralement à voir quelques unes des oeuvres d'André Derain, Franz Marc ou August Macke. 
Chaque phrase est dense et juste, à sa place. Et pourtant, aucune froideur dans le style de Gaëlle Nohant. Il ne s'agit pas de la fameuse écriture "au scalpel", mais au contraire d'une prose, qui par son économie et sa justesse donne toute sa place à une émotion vraie. 

Cath W 

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