Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...
Pour les adeptes du Masque et la Plume sur France Inter et les amoureux du cinéma, je recommande le spectacle Instants critiques, au Théâtre de la Pépinière Opéra à Paris, qui je pense et j’espère va tourner en France (si ce n’est déjà fait). C’est un texte qui reprend et adapte les échanges radiophoniques célèbres de 2 grands critiques de l’époque (années 60-70) Jean Louis Bory et Georges Charensol sur de grands films qui vont du "Corniaud" de Gérard Oury à "Cris et chuchotements" de Ingmar Bergman en passant par "Le Parrain" et "La grande Bouffe". Si je vous dis que la mise en scène est de François Morel et que les 2 critiques sont incarnés respectivement par Olivier Broche et Olivier Saladin (des ex-Deschiens) vous aurez compris que l’on ne s’ennuie pas. L'un Bory, est plutôt avant-gardiste et l'autre Charensol plutôt conservateur, ce qui ne va pas sans éclats de colère et d'indignation tantôt chez l'un tantôt chez l'autre. Leur confrontation est rythmée par une pianiste –chanteuse (Lucrèce Saseila) qui ménage de petits intermèdes de chansons de films fort appropriés entre les joutes oratoires de nos deux compères et les entraîne parfois dans de désopilantes folies musicales. Leur passion pour le cinéma n’a d’égale que leur mauvaise foi pour défendre ou au contraire assassiner un film. On rit beaucoup et on revisite avec plaisir certains film-cultes qui ont traversé les époques et parfois défrayé la chronique. Le talent de ces deux acteurs est au service de deux personnages qui pour reprendre les termes de la présentation de la pièce « entretenaient une véritable histoire d’amitié fondée sur une mésentente parfaite ». Un vrai plaisir !! On en redemande !!
Anne

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