Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...
Il chante comme on lance des balles, avec des mouvements de bras à la fois gauches et gracieux, et j'en viens à regretter qu'en blonde il ait des lacunes... Ce petit tour avec 2 musiciens est intimiste, mais sait aussi envoyer le son, grâce à l'excellent Michel-Yves Kochmann qui fait saturer sa guitare quand il faut, et pas seulement sur "l'Amour à la machine". La réorchestration des chansons est réussie, parfois spectaculaire comme dans "Au ras des pâquerettes" (Pink Floyd n'est pas loin... à deux musicos, si si). "C'est déjà ça" me tire les larmes comme à chaque fois. Quelques découvertes : "Casablanca" (sa ville de naissance) et deux ou trois titres de son nouvel album. L'homme parle beaucoup entre les chansons, parfois longuement et il est très drôle et très désespéré. On finit debout à entonner en choeur et sans honte tous ses tubes imparables : "Foule sentimentale", "Bidon" ou "J'ai 10 ans". Et on sort du concert en se disant, comme dans "Un baiser" : Si la vie c'est presque rien, ce passage-là était plutôt bien...
IsaH
IsaH
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