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"La méthode" de David DJAÏZ

Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...

"Vers l'âge d'homme" de J.M.COETZEE


Ce récit, que la critique bien informée dit largement autobiographique, fait suite à "Scènes de la vie d'un jeune garçon" (que je n'ai pas lu, mais les assidus du blog pourront peut être compléter). Primé au nobel de littérature, Coetze est un auteur accessible et un homme discret. A nous de lire entre les lignes et de retrouver l'écrivain derrière le personnage.
John, un jeune homme quitte son pays, l'Afrique du Sud, qui bouillonne et se révolte. Il rejoint Londres. Il aurait préféré Paris ou Vienne, capitales incontestées de la culture et de la vie intellectuelle dans l'imaginaire suranné de ce jeune étudiant en mathématiques. Mais ce sera Big Ben et sa grisaille, faute de mieux. Le livre raconte la fuite et les errances d'un homme à l'aube de sa vie d'adulte, le renoncement à toutes les racines, les mornes errances d'un homme qui, à trop penser sa destinée, enterre ses jours. John est certain de son avenir : il veut être un artiste, il aspire à une vie de bohême, un amour passionné. Il est prêt à tous les sacrifices : après tout un esprit torturé et malheureux ne cache-t-il pas nécessairement un grand talent? Il rêve, lit les grands noms de la littérature, tente quelques poésies. Mais pour manger, il devient informaticien chez IBM et ne rencontre que des femmes fades et qu'il n'aime pas.
Dans ce cruel décalage, John nous met mal à l'aise. Mais à bien relire la quatrième de couverture, on est pris d'une doute : mais si John c'est Coetzee, alors ce jeune homme pâlot et sans talent va devenir Nobel ? Comment est ce possible ? Ce livre si triste ne serait-il pas le plus beau livre d'espoir qu'il nous soit donné de lire ?
Amélie

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