Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...

Pour l'inconditionnelle de Jonathan Coe que je suis, la sortie (en poche) de son premier roman, jusqu'alors inédit en France, avait de quoi me réjouir. Je me suis jetée dessus... et suis restée un peu sur ma faim.
Le destin sinistre de Maria, depuis ses années d'université jusqu'à ses 30 ans bien sonnés, m'a laissée quelque peu froide. Sa personnalité, indifférente à tout, solitaire et parfois revêche, n'est pourtant pas sans intérêt. Elle est l'occasion de quelques pages bien senties sur l'optimisme béat de certains de nos congénères, et il faut reconnaître que la galerie de personnages que la pauvre Maria est obligée de se coltiner, est assez amusante, quoique déprimante : Ronny l'amoureux transi qui la demande en mariage tous les jours pendant une décennie, ses diverses colocataires toutes plus frappées les unes que les autres, le mari qu'elle finira par épouser "par hasard" et qui se révèlera... mais je n'en dis pas plus. Jusqu'à la douce Sarah, sa seule vraie amie, dont Maria dira combien le bonheur (réel) d'être avec elle, se double d'un ennui profond... Il n'y a que Stephen, dont le lecteur ne saura pas grand chose, qui aura su émouvoir notre héroïne, et son chat Stefton. Les amoureuses des chats, nombreuses à lire ce blog (!) se régaleront des quelques pages qui sont consacrées à ce confident à quatre pattes.
Beaucoup moins abouti que ses romans suivants, mais plein de cet humour vachard et de cette profondeur "l'air-de-rien"qu'on connaît à J.Coe, "La Femme de hasard" vaut d'être lu. Ma relative déception est due au fait que j'en attendais beaucoup. Accrochez vous en tout cas, la deuxième moitié est meilleure que la première.
Beaucoup moins abouti que ses romans suivants, mais plein de cet humour vachard et de cette profondeur "l'air-de-rien"qu'on connaît à J.Coe, "La Femme de hasard" vaut d'être lu. Ma relative déception est due au fait que j'en attendais beaucoup. Accrochez vous en tout cas, la deuxième moitié est meilleure que la première.
Isa
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