Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

Avec ce texte court et percutant, l'auteur suisse romand Jacques Chessex brouille les frontières entre réel et fiction. Il retrace un fait divers authentique, survenu au début du XXème siècle à Ropraz dans le canton de Vaud (village où il habite par ailleurs).
La jeune Rosa Gillieron, fille d’un notable local, meurt d’une méningite. Le lendemain de son enterrement, qui a rassemblé tout le canton, on retrouve sa tombe profanée. Pire encore, le corps même de la jeune fille a été violé et atrocement mutilé. Chessex détaille avec économie mais précision les sévices subis par la dépouille, pour mieux nous faire comprendre le traumatisme qui se répand dans les environs. D’autant que l’abomination se répète trois fois...
Dans ces campagnes reculées, les hantises et vieilles superstitions du Moyen Age sont toujours vivantes, et les moeurs sont salies mais cachées par ce que Chessex appelle la « crasse primitive ». La peur fait circuler les rumeurs, et la barbarie fait écho aux pulsions les plus obscures des habitants de ces villages. Tour à tour des suspects sont arrêtés et toujours relâchés. Le Vampire de Ropraz, ainsi que titrent les Gazettes, court toujours.
La jeune Rosa Gillieron, fille d’un notable local, meurt d’une méningite. Le lendemain de son enterrement, qui a rassemblé tout le canton, on retrouve sa tombe profanée. Pire encore, le corps même de la jeune fille a été violé et atrocement mutilé. Chessex détaille avec économie mais précision les sévices subis par la dépouille, pour mieux nous faire comprendre le traumatisme qui se répand dans les environs. D’autant que l’abomination se répète trois fois...
Dans ces campagnes reculées, les hantises et vieilles superstitions du Moyen Age sont toujours vivantes, et les moeurs sont salies mais cachées par ce que Chessex appelle la « crasse primitive ». La peur fait circuler les rumeurs, et la barbarie fait écho aux pulsions les plus obscures des habitants de ces villages. Tour à tour des suspects sont arrêtés et toujours relâchés. Le Vampire de Ropraz, ainsi que titrent les Gazettes, court toujours.
Jusqu’au jour où l’on arrête un garçon de ferme, qui semble être le coupable idéal... Dès lors on suit le destin de Favez, jusqu’au dénouement final, inouï et renversant.
C’est un texte à la langue coupante comme les instruments qui déchirent la peau des victimes. Chessex ne nous épargne aucun détail mais bien évidemment on n’est pas dans le registre du gore. Ce court texte a fait écho pour moi au long et ample texte de Philippe Claudel, "Les âmes grises". Les thèmes sont les mêmes : la barbarie infligée à l’innocence des jeunes filles, les pulsions refoulées dans une campagne "primitive".
Isa
Commentaires
Belle découverte. Lecture rapide et ramassée comme le texte, et l'écriture : concise, nette, précise, sans fioriture.
Si tu as pensé aux "âmes grises", j'ai pour ma part pensé aussi à Giono et à "Un roi sans divertissement", peut-être à cause de la neige et des contrastes, ... une nature contre-nature.
Un texte prêt à bondir, à surgir, comme le vampire, et qui réveille nos peurs ataviques, qui touche à notre âme ancestrale.
Merci pour cette découverte.
[J'ai dévoré "L'ogre", et te tiendrai au courant de ma digestion !]
Laurence V.
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