Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...
A la cérémonie des Césars 2005, n'ayant pas vu ce film, et ayant adoré "De battre mon coeur s'est arrêté", je trouvais injuste que Romain Duris ne soit pas récompensé... Après avoir vu Michel Bouquet dans le rôle de Mitterrand, cette récompense me semble désormais pleinement justifiée. Pas follement emballée par le projet du film (raconter les derniers mois du Président par la voix d'un jeune journaliste "recruté" pour recueillir au quotidien les souvenirs et réflexions du vieil homme), et après les cinq premières minutes où j'ai bien cru ne pas "tenir", je suis d'un coup rentrée dans le récit. Au-delà du personnage de Mitterrand et de ses ambiguités (traitées avec honnêteté par Guédiguian), j'ai surtout été sensible à sa lucidité. Bouquet est troublant et étonnant : il est Mitterrand, et en même temps il lui donne une universalité qui dégage le film d'un contexte politique bien situé dans le temps, pour aboutir à une superbe réflexion sur la mort qui approche et qu'il faut apprivoiser. Guédiguian a réussi son pari, pourtant intenable sur le papier : faire un film sur Mitterrand, à la fois respectueux de l'homme mourant et sans concession sur les zones d'ombre de l'animal politique qu'il fut. Mitterrand, contre toute attente diront certains, savait toucher les ouvriers et le peuple, et cela le communiste qu'est Guédiguian a l'élégance de le reconnaître, dans une des scènes les plus fortes du film. Il filme le discours du Président aux ouvriers d'une usine minière, où l'on commémore un accident qui a coûté la vie à des dizaines de mineurs. Les gros plans sur les visages bouleversés et pleins de dignité des mineurs, la force et la sincérité du discours de Mitterrand, tout le talent de Guédiguian s'exprime dans ces plans. Cette faculté réelle de Mitterrand, qui m'a toujours un peu étonnée, qui la possède aujourd'hui...?
Isa
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Marie-Danièle