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Sandra Hüller, actrice inconfortable

Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction.  Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante.  Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade  pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...

"L'Age de glace 2"


Sans complexes, et sans l'alibi (facile) d'accompagner un quelconque enfant de mon entourage, je suis allée voir au cinéma la suite de "l'Age de glace" (j'avais adoré le premier que j'avais vu sur petit écran). Si vous êtes amateur de divertissement intelligent, de rire franc mais pas gras, si vous êtes un peu lassé de l'humour cynique ambiant, mais sans renoncer tout à fait au deuxième degré, courez-y. Comme "Shrek", ce dessin animé s'adresse avant tout à nous les adultes (même si les enfants y trouvent certainement aussi leur compte, quelle réussite).
Les prouesses techniques sont de tous les plans mais se laissent oublier pour créer un univers tellement "réel", aux paysages magnifiques. Ici on est à la croisée du meilleur de Walt Disney et de Tex Avery (voir les scènes récurrentes de l'écureuil qui cherche désespérement à attraper un gland, alors que tout se ligue contre lui ; il est prêt à tout pour le déguster, vraiment à tout...). On est aussi dans le registre traditionnel des codes de la comédie : le garçon et la fille (ici deux mammouths) se chamaillent pendant les 3/4 du film puis tombent dans les bras (?) l'un de l'autre...
Les personnages sont à hurler de rire. La jeune "mammouthe" a été recueillie par une famille d'opossums quand elle était petite, du coup elle se prend pour l'un d'entre eux : il faut la voir se suspendre avec ses "frères" par la queue, à la branche d'un arbre qui n'en demandait pas tant... Une sacrée trouvaille et une petite réflexion en passant sur l'identité (bah, laissons de côté ces réflexes explicatifs, c'est tout simplement drôle). Le tigre qui a peur de l'eau, le paresseux un peu crétin, mais qui mine de rien découvre le feu, ils font tous mouche. Petit message écolo en passant : la catastrophe qui menace tous nos héros de la banquise, c'est la fonte des glaces...
Les productions de dessins animés Dreamworks et Pixar n'ont qu'à bien se tenir. L'outsider Blue Sky tient vraiment la route. Et nous, autant de créativité et de beauté graphique, on en redemande !
(J'aurais pu aussi vous parler du "Monde de Nemo" : j'ai a-do-ré... quoi, je régresse ?)
Isa

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