Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...

Christophe Leibowitz est un jeune avocat, éternel commis d'office pour arrondir ses fins de mois. Il s'est même fait une réputation chez les proxénètes d'Europe de l'Est. En somme, Christophe Leibowitz est un pénaliste misérable pour des suspects minables. Rien de très enthousiasmant si ce n'est que notre anti-héros a le don de nous révéler l'absurdité de certaines situations au gré de ses permanences au palais - interminables d'attente et fortes de mesquineries entre collègues. Bouffé par une réalité et un quotidien glauque à souhait, on finirait presque par déprimer avec Maître Leibowitz.
Jusqu'à ce qu'on comprenne que le personnage nous écrit de prison. Il a troqué son appartement confortable contre "une vie à deux avec un type de cent trente kilos qui ronfle au-dessus de mon oreille, dans une studette de neuf mètres carrés avec barreaux, exposée plein sud avec vue sur promenade – à Fresnes." Et finalement, pour des raisons que vous comprendrez si vous lisez le livre, ce n'était pas une si mauvaise affaire…
Quelques introspections vraiment très drôles sur un milieu que l'auteur connaît bien - et oui, elle est avocate pénaliste…
Jusqu'à ce qu'on comprenne que le personnage nous écrit de prison. Il a troqué son appartement confortable contre "une vie à deux avec un type de cent trente kilos qui ronfle au-dessus de mon oreille, dans une studette de neuf mètres carrés avec barreaux, exposée plein sud avec vue sur promenade – à Fresnes." Et finalement, pour des raisons que vous comprendrez si vous lisez le livre, ce n'était pas une si mauvaise affaire…
Quelques introspections vraiment très drôles sur un milieu que l'auteur connaît bien - et oui, elle est avocate pénaliste…
Paru en 2004 aux éditions Métailié
Amélie
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