Ce nouveau podcast en épisodes évoque le sommeil dans la littérature. Ma sélection, subjective comme toujours, balance entre valeurs sûres et découvertes, et fait la part belle à la littérature contemporaine. J’ai choisi des oeuvres où le sommeil est un élément de la narration, représenté en tant que processus de la perte de conscience, qu’elle soit crainte ou espérée, de Proust à Jonathan Coe, en passant par la SF, les contes et légendes ou l’autofiction. Chaque épisode est composé d'une rapide mise en contexte de l'oeuvre, et d'un ou plusieurs extraits lus à haute voix. #1 : Le sommeil proustien "Du côté de chez Swann" de Marcel PROUST, publié en 1913
En voilà encore un qui se prend sûrement pour un génie de l’écriture…Quand je pense que les jurés du Goncourt en 2005 ont hésité entre un Houellebecq et Weyergans et que je lis le contenu de « Trois jours chez ma mère »…. Je suis affligée…
"Trois jours chez ma mère" aurait pu s’appeler « Eloge d’un Ego en panne d’inspiration » ou encore finalement « Eloge du Rien »… Recueil de pensées digne d’un journal d’une adolescente. Recherche de faits divers futiles pour meubler l’angoisse du livre annoncé et le manque d’inspiration. S’inventer un personnage digne d’intérêt sans heurter sa famille pour éviter les règlements de compte post-publication… Ses ennuis avec son banquier nous ennuient profondément, tout comme les allusions au dictionnaire qu’on peut consulter nous-mêmes. Sa flagornerie est à son top supportable quand - tel un Alain Delon - « il » parle de lui à la troisième personne.
Oui c’est vrai, les jurés du Goncourt 2005 auraient pu s’y tromper entre Weyergans et Houellebecq ; il s’agit bien de clones…. Clones fades en recherche de remplissage de caractères d’imprimerie sur des pages blanches qui auraient mieux fait de le rester.
Pourtant après avoir franchi la page 143, j’ai cru qu’un jour nouveau naissait, j’ai cru –originalité sublime- que l’auteur nous avait fait une farce. J’ai cru qu’on allait avoir enfin de l’émotion, une « raison d’être » au titre. Si je suis honnête avec nos lecteurs, la seconde partie est quand même plus enlevée, bien qu’on reste déçu de ce manque de profondeur persistant.
Mais après tout, c’est bien le risque qu’on prend à chaque fois qu’on ouvre un livre, c’est de ne pas y trouver le sel qu’on y cherche.
Bon c’est pas le tout, mais moi je vous laisse, je commence mon premier Goncourt.
Mata Hari
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