Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...
Pourquoi suis-je autant fascinée par la littérature des Etats-Unis ? Peut-être à cause de la diversité, si passionnante, de ses mythes contemporains que les écrivains ne cessent d'interroger, comme dans ces trois romans que je viens de finir et qui incarnent chacun un modèle de roman américain :
- juif new yorkais : Sheila Levine est morte et vit à New York de Gail PARENT. Paru dans les années 70, ancêtre de Sex and the city, ce roman culte et désopilant narre les efforts désespérés de l'héroïne, tiraillée entre la tradition juive (sa mère) qui lui a inculqué "hors de mariage point de salut" (comprenez, pour une femme) et l'envie de prendre sa vie en main et de s'assumer. On pense à Woody Allen bien sûr, pour l'évocation des quartiers de New York et de la mentalité juive, ainsi que pour les bons mots et l'autodérision omniprésents.Le plus drôle...
- jeunesse perdue de l'Amérique profonde : Rêves de garçons de Laura KASISCHKE. Dans un camp d'été de cheerleaders, la fugue de trois jeunes filles les entraîne vers un drame inattendu, entretenu savamment par l'auteur dans un récit à la construction étonnante. On pense à Joyce Carol Oates pour l'univers un peu malsain et l'écriture, à Virgin suicides et à nombre de films traitant de l'hypocrisie d'une société à la jeunesse apparemment saine et sportive, qui cache un mal de vivre et le cynisme des idéaux envolés trop tôt.Le plus "flippant"...
- Amérique profonde rurale : Les gens de Holt County de Kent HARUF. Chronique d'une petite ville du Colorado, tous ses personnages forment une mosaïque d'abord éclatée, et qui finit par se composer sous nos yeux : la famille de marginaux paumés, et l'assistante sociale qui les suit, les deux frères éleveurs de bétail, vieux garçons, qui ont recueilli une adolescente et son bébé en rupture, le petit garçon élevé par son grand-père et son amie dont la maman divorcée sombre dans la dépression. Un roman choral magistral, attachant. On pense à Cormac Mc Carthy, au Secret de Brokeback Mountain pour l'évocation de la rudesse de la vie rurale et la pudeur des sentiments.Le plus émouvant... et incontestablement celui que j'ai préféré !
Isa
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