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"Les vérités parallèles" de Marie MANGEZ

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  « Le jour où Arnaud est devenu faussaire, il avait sept ans. » Certes, cet incipit ne vaut peut-être pas le « Longtemps je me suis couché de bonne heure   » de Marcel Proust mais il évoque d’emblée une équation que le lecteur a hâte de résoudre. Qui est donc cet enfant de sept ans qui porte le même nom que l’inventeur du daguerréotype, Arnaud Daguerre, pour s’estimer faussaire à cet âge tendre de la vie, postulat qui va décider de son destin ? Enfant timide et secret, manquant d’assurance, persuadé de ne pas être à la hauteur, avec pour seul ami un être imaginaire, élevé par de grands bourgeois froids et dénués d'affection, Arnaud subit la pression silencieuse de ses parents et lorsqu’il reçoit la note de 1/10 à un devoir de calcul, tout simplement due à une erreur d’inattention, cela prend pour lui des allures de désastre. Alors il va trafiquer sa note et va, par cet acte fondateur, prendre le chemin de la superc...

"Le principal", film de Chad CHENOUGA

Sabri Lahlali est principal-adjoint dans un collège de quartier. Sa pause déjeuner, il la passe avec sa supérieure hiérarchique en discutant littérature, mais lorsqu’il lui prête Le sang noir de Louis Guilloux en lui annonçant que c’est l’histoire d’un homme qui sombre, il ne sait pas que c’est exactement ce qui va lui arriver.

Car Sabri dont on devine par de subtiles allusions qu’il est un transfuge de classe, ayant sans doute beaucoup travaillé pour réussir, est prêt à tout pour que son fils obtienne son brevet. Mais jusqu’où ira-t-il ? 

Dans ce film sobre et sec, Chenouga dresse le portrait attachant d’un colosse aux pieds d’argile, droit comme un I, dur comme un roc, obsédé par la réussite de son fils à qui il ne fait pas confiance, qui ne veut rien laisser, ni au hasard, ni à la fantaisie, ce qui causera sa perte,

Il faut voir Roschdy Zem, souvent filmé de dos, arpenter seul les couloirs du collège, pour saisir toute la vulnérabilité du personnage. Un personnage qui s’est construit une protection qui le fait apparaître froid et rigide aux yeux des autres. Mais des failles crevassent sa vie, et toutes les carapaces du monde ne peuvent rien contre les grandes souffrances qui le fragilisent plutôt qu’elles ne l’élèvent.

Et l’acteur joue ici une partition absolument époustouflante : tout passe dans le regard et le visage de cet homme, fait d’un seul bloc mais qui laisse deviner, en un frémissement léger, tous les tourments de son âme.

La volonté de réussir et de s’intégrer, la transmission filiale, la soif de connaissance, le mensonge, puis la faute dans un parcours sans tache, autant de thèmes abordés dans ce film où la méritocratie républicaine s’accompagne parfois de trop douloureux sacrifices. On éprouve de l’empathie pour cet homme qui tombe en disgrâce après avoir gravi tous les échelons de l’ascension sociale. Et l’on comprend, sans les excuser, ses choix inconsidérés qui le poussent vers l’illégalité.

Un drame extrêmement bien mené, inspiré d’une histoire vraie, l’histoire de l’obsession d’un homme qui renie ses principes, un homme, simplement homme semble nous dire Chad Chenouga, tout en paradoxes et en nuances inquiètes.



 

Commentaires

Kesketalu a dit…
Ce Roschdy, quel acteur !
Anonyme a dit…
Je n'avais jamais entendu parler de ce film... Une belle découverte, que je vais m'empresser de regarder, merci Plume de chat. CathW
Anonyme a dit…
J espère que ce film te plaira !