Car Sabri dont on devine par de subtiles allusions qu’il est un transfuge de classe, ayant sans doute beaucoup travaillé pour réussir, est prêt à tout pour que son fils obtienne son brevet. Mais jusqu’où ira-t-il ?
Dans ce film sobre et sec, Chenouga dresse le portrait attachant d’un colosse aux pieds d’argile, droit comme un I, dur comme un roc, obsédé par la réussite de son fils à qui il ne fait pas confiance, qui ne veut rien laisser, ni au hasard, ni à la fantaisie, ce qui causera sa perte,
Il faut voir Roschdy Zem, souvent filmé de dos, arpenter seul les couloirs du collège, pour saisir toute la vulnérabilité du personnage. Un personnage qui s’est construit une protection qui le fait apparaître froid et rigide aux yeux des autres. Mais des failles crevassent sa vie, et toutes les carapaces du monde ne peuvent rien contre les grandes souffrances qui le fragilisent plutôt qu’elles ne l’élèvent.
Et l’acteur joue ici une partition absolument époustouflante : tout passe dans le regard et le visage de cet homme, fait d’un seul bloc mais qui laisse deviner, en un frémissement léger, tous les tourments de son âme.
La volonté de réussir et de s’intégrer, la transmission filiale, la soif de connaissance, le mensonge, puis la faute dans un parcours sans tache, autant de thèmes abordés dans ce film où la méritocratie républicaine s’accompagne parfois de trop douloureux sacrifices. On éprouve de l’empathie pour cet homme qui tombe en disgrâce après avoir gravi tous les échelons de l’ascension sociale. Et l’on comprend, sans les excuser, ses choix inconsidérés qui le poussent vers l’illégalité.
Un
drame extrêmement bien mené, inspiré d’une histoire vraie,
l’histoire de l’obsession d’un homme qui renie ses principes,
un homme, simplement homme semble nous dire Chad Chenouga, tout en
paradoxes et en nuances inquiètes.

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