Accéder au contenu principal

"La Colline" de Mathilde BEAUSSAULT

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  Par un matin d’hiver 2008, dans une cité sinistre de Rennes, Édouard, un octogénaire, fan du film Le vieux fusil de Robert Enrico descend jeter sa poubelle dans un conteneur. C’est avec sidération qu’il y découvre un nouveau-né. Les pompiers, dépêchés sur place, parviennent à sauver l’enfant, quand plus loin, immeuble des Hortensias, («  des noms de jolies fleurs donnés à des barres plus tristes et laides que des pare-chocs  » ) dans une chambre verrouillée de l’extérieur, Monroe (parce que Marilyn) 17 ans, se vide de son sang… Dès les premières pages, nous voici dans le dur ! L’autrice taille dans le vif, car au crime que l’on vient de découvrir succède une scène d’accouchement, celui de Monroe, sans aide médicale, entre souffrance et terreur, dans une langue âpre et dénuée de pathos qui frappe directement au plexus. Et donc si Monroe est la mère de l’enfant, qui l’a jeté dans un conteneur ? Et pourquoi ...

"Le principal", film de Chad CHENOUGA

Sabri Lahlali est principal-adjoint dans un collège de quartier. Sa pause déjeuner, il la passe avec sa supérieure hiérarchique en discutant littérature, mais lorsqu’il lui prête Le sang noir de Louis Guilloux en lui annonçant que c’est l’histoire d’un homme qui sombre, il ne sait pas que c’est exactement ce qui va lui arriver.

Car Sabri dont on devine par de subtiles allusions qu’il est un transfuge de classe, ayant sans doute beaucoup travaillé pour réussir, est prêt à tout pour que son fils obtienne son brevet. Mais jusqu’où ira-t-il ? 

Dans ce film sobre et sec, Chenouga dresse le portrait attachant d’un colosse aux pieds d’argile, droit comme un I, dur comme un roc, obsédé par la réussite de son fils à qui il ne fait pas confiance, qui ne veut rien laisser, ni au hasard, ni à la fantaisie, ce qui causera sa perte,

Il faut voir Roschdy Zem, souvent filmé de dos, arpenter seul les couloirs du collège, pour saisir toute la vulnérabilité du personnage. Un personnage qui s’est construit une protection qui le fait apparaître froid et rigide aux yeux des autres. Mais des failles crevassent sa vie, et toutes les carapaces du monde ne peuvent rien contre les grandes souffrances qui le fragilisent plutôt qu’elles ne l’élèvent.

Et l’acteur joue ici une partition absolument époustouflante : tout passe dans le regard et le visage de cet homme, fait d’un seul bloc mais qui laisse deviner, en un frémissement léger, tous les tourments de son âme.

La volonté de réussir et de s’intégrer, la transmission filiale, la soif de connaissance, le mensonge, puis la faute dans un parcours sans tache, autant de thèmes abordés dans ce film où la méritocratie républicaine s’accompagne parfois de trop douloureux sacrifices. On éprouve de l’empathie pour cet homme qui tombe en disgrâce après avoir gravi tous les échelons de l’ascension sociale. Et l’on comprend, sans les excuser, ses choix inconsidérés qui le poussent vers l’illégalité.

Un drame extrêmement bien mené, inspiré d’une histoire vraie, l’histoire de l’obsession d’un homme qui renie ses principes, un homme, simplement homme semble nous dire Chad Chenouga, tout en paradoxes et en nuances inquiètes.



 

Commentaires

Kesketalu a dit…
Ce Roschdy, quel acteur !
Anonyme a dit…
Je n'avais jamais entendu parler de ce film... Une belle découverte, que je vais m'empresser de regarder, merci Plume de chat. CathW
Anonyme a dit…
J espère que ce film te plaira !