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"Artemisia", une BD de Nathalie FERLUT et Tamia BAUDOIN

Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

"Karoo" de Steve TESICH


Attention, pépite ! Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous offrent la traduction du roman d’un dramaturge et scénariste, Steve Tesich, publié à titre posthume aux USA en 1998. A travers le personnage tragi-comique de Karoo, l’auteur, d’origine serbe, règle ses comptes avec une Amérique qui l’a accueilli mais aussi déçu. Karoo est un scénariste-nègre très demandé à Hollywood. Incapable de créer une œuvre, il est en revanche très doué pour faire rentrer des scénarii défaillants dans les canons hollywoodiens. La cinquantaine égoïste et alcoolique, Karoo refuse toute intimité avec les siens, cause de sa rupture avec sa femme, et de sa distance avec son fils adoptif. Cynique, veule, mais hyper-lucide sur sa déchéance (ce qui le rend malgré tout attachant), il n’est pas non plus dupe du manège hypocrite de son milieu. Un incroyable hasard de la vie (le destin ?) va mettre sur son chemin une femme qui, croit-il, lui apportera l’occasion de racheter toutes ses fautes … Un instant arrivé à un point d’équilibre proche du bonheur, mais pour une fois peu clairvoyant, il déclenche une catastrophe que le lecteur lui, a vu arriver avec incrédulité….
Récit d'une chute, satire du milieu de l’entertainment hollywoodien, critique acerbe du mode de vie américain, de New York à Los Angeles, cet épais roman, sarcastique et émouvant, se laisse dévorer d’une traite. Ne le ratez pas...
IsaH

Commentaires

Unknown a dit…
Je viens de le terminer. J'ai adoré les 200 1ères pages, quel humour !! Quel sens de l'autodérision...mais j'ai eu un peu de mal à le terminer.
Le bouquin perd quelque chose avec le passage à le 3ème personne je trouve

cath
Lybertaire a dit…
Je n'ai pas senti cette différence comme tu dis. C'est vrai que la première scène, la soirée chez leurs amis avec la suite des symphonies, le fils qui veut absolument le voir, c'était génial. J'ai cela dit moins aimé le parallèle avec Ulysse, par la suite. Cela reste quand même un super roman.