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"Artemisia", une BD de Nathalie FERLUT et Tamia BAUDOIN

Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

Oh... de Philippe DJIAN

Oh ? Avec un O comme Oser... Djian ose tout :
- se mettre dans la peau d'une femme (et signer un des plus intéressants personnages féminins de la littérature française de ces dernières années).
- parler d'un viol, celui de Michèle, donc, la cinquantaine, une femme forte et sèche, pour qui cet épisode se révèle plus dérangeant moralement, parce qu'elle a été mise en position de faiblesse, que traumatisant physiquement (ce qui a fait couler beaucoup d'encre, mais le viol n'est pas le sujet du récit, et Oh n'est pas un roman à thèse).
- exacerber la tension des liens familiaux entre Michèle et son ex-mari, son fils, sa mère, sans parler de son père, un criminel qu'elle a rayé de sa vie
- flirter avec l'invraisemblable et ne pas lésiner sur les rebondissements (on sait le goût de Djian pour les séries et les feuilletons, qui ne sont pas avares en la matière)
 
L'épisode traumatique initial va en effet déclencher une cascade d'évènements tragi-comiques, qui vont profondément bouleverser la vie de Michèle et de son entourage… Djian est un raconteur et un dialoguiste hors pair, on ne quitte pas ce roman, drôle par fulgurances, sans la moindre miette de bons sentiments, qui a la couleur de la vie, et où chaque personnage a sa part de mystère, de secret, d'inavouable.
Je n'avais pas lu Philippe Djian depuis longtemps et j'ai eu tort de le "négliger", il reste décidément un des auteurs français les plus intéressants, parce que démarqué, décalé du microcosme littéraire.
IsaH

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