Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...
Il est des livres dont faire la critique est difficile, les résumer ne leur rend pas hommage, trouver les bons mots pour en parler est un exercice périlleux...
"Le Système Victoria" est un de ceux là!
J'ai refait le brouillon de cette critique des dizaines de fois, ne sachant comment l'aborder...
Mais il fallait que je vous en parle!
Amour, travail, pouvoir, violence, sexe, politique, argent, ambition, réussite, déchéance...
Tout y est!! Et il n'y a rien de trop.
Ce livre est intelligent : il parvient à dénoncer la société actuelle, sa démesure, le système capitaliste, le pouvoir et l'ambition comme dogmes de vie sans jamais tomber dans la facilité. L'histoire est portée par deux personnages travaillés, complexes, multiples, torturés.
Ce livre vous happe et ne vous lâche pas, vous le refermez un peu sonné, un peu KO en vous demandant comment vous allez sortir de ce tourbillon... Vous y repensez souvent...
On sait que la fin sera dramatique, et ce dès les premières pages... et c'est là que le talent d'Eric Reinhart réside : il vous tient en haleine, ménage le suspens, vous fait engloutir des pages et des pages sans jamais vous lasser.
Parfois, vous détournez le regard ou vous lisez très vite tellement l'écriture est crue, violente parfois... Vous passez d'une émotion à une autre, loin du cliché des méchants contre les gentils... Tout bascule en un instant, vous perdez l'équilibre parfois...
Ce livre est pour moi un petit ovni, je crois que je n'avais jamais lu quelque chose de semblable...
Provocant, dérangeant!!
Sans conteste, un des livres les plus marquants de cette rentrée littéraire pour moi !!!
Charlotte

Commentaires
Mais avec du recul, le système Victoria est sans doute le livre qui m'a le plus touché pour 2011 par sa nouveauté, son originalité, sa violence, son style...
Troublant aussi...
Vraiment un bon souvenir de lecture... Un livre qui vient vous chercher et qui vous colle à la peau (au sens propre, j'ai ressenti physiquement ce livre...)