Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...
Nouvelle rubrique dans Kesketalu, avec une plongée régulière dans des albums rock / pop cultes. Pour démarrer 2012 en tonitruante beauté, le ravageur Who's next, classé 28e au classement Rolling Stone des 500 meilleurs albums de tous les temps et parmi les premiers dans mon panthéon personnel.
Sorti en 71, deux ans après Tommy, il est l'album préféré de Roger Daltrey, le chanteur, mais Pete Townsend, qui avait d'abord pensé concevoir un opéra rock, ne se remit jamais de ce qu'il considérait comme un semi-échec créatif (sic).
Résolument rock, avec des hymnes définitifs comme "Wont get fooled again" (cri primal, riffs vengeurs, galopades de batterie, voix claire et surpuissante, message tout aussi clair et surpuissant : "on ne se fera plus avoir"), l'album innove en introduisant des synthétiseurs, ouvrant la voie, c'est reconnu par les spécialistes, à une lame de fond dans le rock, et désarçonnant certains fans de l'époque. J'ajouterai que le groupe fait même une utilisation avant-gardiste du synthé, créant quasiment le principe du sample, avec des mélodies composées de boucles aléatoires, qui bourdonnent à l'arrière-plan, affleurent à des moments-clé ou prennent carrément tout l'espace sonore (intro de "Baba O'Riley"et de "Wont get fooled again"...).
J'ai vu il y a quelques années un documentaire, dont je recherche désépérement les références, retraçant la genèse de l'album et l'enregistrement studio. Le travail créatif de Pete Townsend, fiévreux sur ses synthés, intellectualisant la structure (toujours très complexe) de ses morceaux, est absolument fascinant à regarder. A mille lieues de l'imagerie rock de la répèt-dans-un-local, on y voit un musicien pétri de références, cérébral, visionnaire, introverti et exigeant. Le souffle rock de l'album, dans certains titres indépassable, vient de la guitare bien sûr, mais essentiellement de Roger Daltrey, voix unique, d'une puissance rare mais presque jamais à saturation, qui fait également merveille dans les quelques balades qui ponctuent l'album ("Behind blue eyes" ou "The song is over"). Quelques trouvailles musicales sont hallucinantes de beauté, comme la fin de "Baba O'Riley" et son solo de violon tsigane (joué par Dave Arbus).
Faisant voler en éclats, avec Pink Floyd, la structure efficace mais un peu trop carrée "couplet / refrain / pont" ("the bridge" !), les morceaux des Who s'attaquent comme une face Nord de montagne, avec des a-pics, des faux plats, des détours, et on arrive à la fin, tout en haut, le souffle coupé...
Faisant voler en éclats, avec Pink Floyd, la structure efficace mais un peu trop carrée "couplet / refrain / pont" ("the bridge" !), les morceaux des Who s'attaquent comme une face Nord de montagne, avec des a-pics, des faux plats, des détours, et on arrive à la fin, tout en haut, le souffle coupé...
IsaH

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