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"Artemisia", une BD de Nathalie FERLUT et Tamia BAUDOIN

Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

"Un pied au paradis" de Ron Rash


Une vraie belle découverte que Ron Rash et son roman Un pied au paradis. Etrange titre d’ailleurs pour un roman noir, très noir, en forme de polar, mais dans lequel la résolution du crime n’est pas le pivot central.

Nous sommes dans les Appalaches, dans les années 50. Les paysans travaillent dur une terre aride, et sont en sursis. Une compagnie électrique rachète une à une toutes les terres pour construire un barrage et inonder à terme le comté. Chacun s’accommode comme il peut de cette perspective.

L’histoire, racontée de différents points de vue, s’ouvre avec Alexander, le sherif, un des rares habitants à avoir fait des études. Appelé sur les lieux d’une bagarre, il réprimande Holland Winchester, un héros de la deuxième guerre mondiale, un peu déboussolé depuis son retour. Quelques jours plus tard, Holland disparaît sans laisser de traces. Sa mère est persuadée qu’il a été tué. Alexander va mener l’enquête, à sa manière, désabusée mais tenace. Son intuition et ses soupçons se portent rapidement sur les voisins d’Holland, Amy et surtout son mari Billy.

Les éléments sont en place pour une véritable tragédie familiale et rurale : un drame de l’amour, de la jalousie et de la filiation chez des gens simples que Ron Rash décrit à merveille, tout comme la nature âpre et rude qui les entoure.
L’histoire est racontée en 5 chapitres, du point de vue des personnages principaux, le shérif et son adjoint ouvrant et clôturant le récit. Seul Holland n’a pas la parole… Chaque récit adopte le langage et le phrasé de ses personnages,

C’est un roman vraiment formidable, ancré dans une époque, les années 50, et un lieu, l’Amérique rurale, mais qui a une portée véritablement universelle dans les sentiments qui animent les personnages. Un beau fleuron de la littérature sudiste, à qui la traduction semble faire honneur, mais qu’on préfèrerait arriver à lire en version originale.
IsaH

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