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"Rochebrune" de Sophie DIVRY

Ça commence comme une comédie de moeurs, qu'on pourrait un peu facilement qualifier de "douce-amère", avec des premières pages très drôles et bien vues sur l'organisation des vacances entre trois familles recomposées. Isabelle a une fille adolescente, Noémie, et son nouveau compagnon Xavier, un petit garçon nommé Léon. Isabelle n'aime pas trop Léon, elle en a honte, mais Léon est pénible, et Xavier a des problèmes d'autorité. Les voilà partis tous les quatre à la montagne car Xavier a prévu de faire de l'escalade avec son ami Jérémie. La famille s'installe dans un gîte rural paumé à Rochebrune, donc. Leur séjour un peu chaotique en termes de cohabitation familiale et d'intégration dans le village va se dérégler dramatiquement dès lors que Xavier part en montagne et qu'Isabelle se retrouve seule à Rochebrune avec les enfants... J'ai beaucoup aimé ce petit roman qui avance tout d'abord masqué, sans prétention, mais se révèle finalement tr...

"J'apprends" de Brigitte GIRAUD


« J’apprends » est le monologue intérieur de Nadia que l’on va suivre depuis son entrée au CP jusqu’au collège. Elle nous décrit sa vie quotidienne en banlieue. On devine son histoire qui se dessine sur fond de guerre d’Algérie à une époque où le sujet est tabou aussi bien à la maison qu’à l’école. Dans sa famille il y a les non-dits et les vides de son passé ; on répond ‘’tu comprendras plus tard’’ à ses questions difficiles.
Pour cette fillette très studieuse le monde de l’école est rassurant par ses affirmations, ses règles et ses préceptes. Ces années d’apprentissage nous plongent dans un monde de papier crépon, de feutrine, de colle à papier, de crayons bien taillés, de peinture à l’eau…. L’auteur s’arrête sur des détails apparemment très simples comme la concentration nécessaire à cette petite fille qui apprend à écrire pour allonger la boucle du F ; à sa fascination pour l’énumération des curiosités de la fin de l’alphabet WXYZ. Plus loin dans les classes primaires, elle nous remémore les tables de multiplication imprimées au dos des cahiers avec la table du 5, la plus facile, celle que l’on connaît tout de suite par cœur.Ce roman, c’est aussi un descriptif des années 70 : les débuts de la TV, les émissions du samedi soir, le suicide de Mike Brant, Salut les copains…
J’ai été très touchée par ce récit ; sans doute parce qu’il correspond à peu de choses près à la description des années 70 dans lesquelles j’ai grandi et qu’il m’a permis de remonter très loin dans ma mémoire d’écolière. Mais, génération 70 ou pas, ce livre décrit de manière atemporelle une personnalité en construction avec une minutie et une justesse rares.A mon avis sa force c’est de nous plonger littéralement et sans mièvrerie dans le monde de l’enfance et de l’adolescence.
MO

Commentaires

Kesketalu a dit…
Voilà effectivement un très beau récit.Il m'a renvoyée aussi à mon enfance et à cette extraordinaire aventure d'apprendre à lire. Au-delà de la nostalgie (bien que ce soit aussi très agréable), beaucoup de profondeur et de justesse dans "J'apprends".