Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...

Thomas revient dans son village, un petit port de pêcheurs en Angleterre, après des années d'absence. On comprend vite qu'il était en prison, que personne ne l'attend, bien au contraire, et que c'est la mort d'un enfant qui est à l'origine de tout...
En refermant ce livre, je me suis dit "Voilà un livre qui aurait dû m'enthousiasmer, et ce n'est pas le cas". Tout ce qui me plaît en littérature est pourtant là : une histoire forte, avec ce qu'il faut de secrets habilement et progressivement dévoilés autour de la mort du fils de Thomas ; un récit structuré en 4 parties, éclairé par 4 personnages différents ; une grande sensibilité et une réflexion aboutie sur l'identité, le rapport aux autres, le destin choisi ou subi. Mais est-ce le souci de l'auteur de vouloir expliquer tout, de souligner les subtilités des rapports entre les personnages, est-ce le fait que 2 personnages, Betty et Rajiv, à qui il raconte toute l'affaire, ne font que passer, et qu'on aurait aimé passer plus de temps avec eux ? Quelque chose n'a pas fonctionné pour moi, mais je vous recommande toutefois la lecture de ce roman qui m'a fait un peu penser à Un secret de Philippe Grimbert (en moins bien, vous l'aurez compris...)
Paru chez Julliard en août 2005
Isabelle
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