Kolkhoze , le dernier récit d’Emmanuel Carrère, n’est pas un livre sur le système agricole de l’Union soviétique (quoique que... car d’Union soviétique, Carrère en parle) mais un roman familial. Pour les enfants Carrère, faire kolkhoze, c’était dormir dans la chambre de leur mère quand leur père partait en voyage d’affaire. Évidemment l’expression venait d’elle : elle, Hélène Carrère d’Encausse, écrivaine, historienne, députée européenne, spécialiste des mondes russes de réputation internationale, académicienne couverte d’honneurs jusque dans sa mort en 2023. De son écriture élégante sans ostentation et avec son art consommé de la narration, Carrère dresse à la fois une ode et un requiem à cette mère, tout en retraçant leur fresque familiale. Une fresque absolument romanesque, où souffle le vent de l’Histoire. On l’aura compris, Carrère mêle l’universel à l’intime, et il y a matière, en effet, entre une mère célèbre, un grand-père sans doute fusillé à la Libération pour...
[Lecture en cours : le principe, donner ses premières impressions sur un livre qu'on commence à lire. Il aura droit, sauf exception, à sa critique complète et c'est intéressant de confronter son sentiment initial à celui qu'on éprouve à la dernière page]. Attention roulement de tambour.... plus de 1 000 pages, 1 039 exactement pour ce roman qui s'annonce puissant sur la catastrophe annoncée du dérèglement climatique. A 10% de lecture, on est encore en tour de chauffe (si je puis dire...), avec des chapitres alternés introduisant chacun un personnage, et je ne sais pas si je suis au bout des présentations ! En tout cas, j'aime ce genre de structure romanesque, courante chez les auteurs américains, et Stephen Markley a l'air de maîtriser le procédé. Je ne sais pas de quelle manière vont s'imbriquer les histoires de Tony, le spécialiste des questions de climat, Ashir le geek génie de l'analyse prédictive, Shane, qu'on devine activiste écolo, Keepe...