Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...
Gustavo Faverón Patriau nous offre un séjour dans Les lieux souterrains , grâce à une exceptionnelle traduction de Robert Amutio, ouvrage paru aux éditions Christian Bourgois. Comment parler de ce livre sidérant ? Résumer l’intrigue est aussi impossible qu’inutile : sachez simplement que George Bennett apprend, à l’occasion d’un drame familial, que son père, par ailleurs peu aimant (il est incapable de regarder son fils dans les yeux), est un agent de la CIA et qu’il a mis en place, aidé et collaboré avec presque tous les régimes autoritaires d’extrême droite sud-américains, allant jusqu’à organiser et participer à des séances de torture dans des lieux qu’il a lui-même conçus. George, décide alors de partir sur les traces de ce père (dont il porte le prénom), aussi honni que mystérieux, pour tenter de comprendre, et peut-être de réparer. On plonge dans ces labyrinthes et ces souterrains aux côtés du narrateur : on s’y perd, on croit s’y retrouver pour mieux à nouveau ...