Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...
Une famille modèle, la famille Ziller ? Au départ oui, … Mais suite à un déménagement hasardeux pour assouvir le rêve californien du père, Warren, la famille va se disloquer, fragments par fragments. Son projet de résidence sécurisée à bas prix en plein désert s’écroule, suite à l’aménagement à proximité d’une usine de retraitement des déchets plutôt inquiétante du point de vue de l’environnement… La famille est ruinée, les coups durs se succèdent. Tous les membres de la famille ne connaîtront pas le même sort, Lyle, adolescente complexée et rebelle tirera bien mieux son épingle du jeu que son frère aîné, Dustin, qui paiera le plus lourd tribut. Quel adulte deviendra Jonas le plus jeune des enfants, un peu à part de la famille ? Et les parents, littéralement pétrifiés de culpabilité, quel est leur avenir ?
La rentrée littéraire américaine nous a gratifiés de bons romans sur la décomposition de la famille avec David Vann ("Désolation", critique à suivre prochainement) sur un mode particulièrement plombant et Jonathan Franzen ("Freedom"), salué par la critique mais traînant un peu en longueur. Eric Puchner n’a pas à rougir de la comparaison avec ces deux écrivains reconnus, son style incisif et sans détours, la très grande lisibilité et la simplicité de son récit, sur un thème aussi rebattu, en font assurément un auteur à suivre. On se souvient de "Tempête de glace" de Rick Moody, particulièrement réussi sur le même sujet, Eric Puchner se hisse sans problèmes à sa hauteur.
IsaH

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