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"Tout mais pas Beyrouth", roman graphique de DIEZ et JIBÉ

Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco  !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

La Vie très privée de Mr Sim de Jonathan COE



Maxwell Sim est un homme ordinaire, un homme sans qualités, sans talent particulier. Sa femme Caroline l’a quitté, il est donc éloigné de sa fille, et est en congés maladie pour dépression. Il part en Australie pour voir son père et là-bas voit, dans un restaurant où il dîne, le tableau de l'harmonie familiale qu’il cherche en vain depuis des années, la complicité affichée et éclatante d’une mère et sa fille à la table voisine.
Revenu en Angleterre, un ami lui propose un emploi singulier, qu’il accepte du fond de son marasme : intégrer une action marketing pour une marque de brosses à dents en partant à bord d'une prius aux confins du Royaume Uni prouver que les brosses à dents … vont « jusqu'au bout ».
Pour seule compagnie, Max dispose de l'imperturbable voix féminine de son GPS, qu'il baptise Emma, et dont il tombe vaguement amoureux. Jalonnant sa route, des rencontres et des flash-back minutieusement orchestrés retracent son existence et ses multiples ratages familiaux, amicaux, sentimentaux. La construction est complexe, comme souvent chez J.Coe, qui intercale au récit 4 textes « extérieurs », écrits par des protagonistes et qui vont être chacun des révélateurs pour Maxwell, soit de la perception que son entourage a de lui, soit de faits qui lui étaient inconnus (l’homosexualité de son père par exemple). La fin est étonnante... et peut laisser perplexe.
IsaH

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