Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

Jésus
Christ est un personnage fascinant : qu’il ait existé
ou pas, qu’on croie ou pas qu’il est le Fils de Dieu, il y a
quelque chose d’irréductible dans son message, comme un nombre
premier ou un atome, qui fait qu’il résiste au temps, aux folies
de l’Église et ne souffre pas trop la discussion.
Dans
le dernier Amélie Nothomb Jésus raconte à la première personne
son procès, sa dernière nuit, sa crucifixion et sa résurrection.
En faisant toujours un peu la maligne, l’auteur livre mine de rien
un roman très personnel et plus profond que ses derniers opus, qu’on
a lu d’une traite en les oubliant aussitôt. Celui-là n’aura pas
le même sort, pour moi en tout cas. Il reste en tête, et déploie
moult réflexions concentriques. Car l’épreuve de Jésus est celle
qui attend tout humain : faire face à la douleur et à la mort,
garder l’image de ceux qu’on aime, éliminer toute l’hostilité
ambiante pour se concentrer sur sa conscience, vivre pleinement son
rapport au corps. L’humour et la lucidité l’aident à rester
digne, il observe, un peu estomaqué mais sans colère, la
mesquinerie et la cruauté qui l’entourent.
Bien
sûr Amélie Nothomb joue le décalage avec ce Jésus anachronique,
très XXIè siècle dans son expression, dans son rapport au monde et
aux femmes. Mais finalement, la foule le regardant passer avec
délectation, portant sa croix, est-on bien sûr de n’avoir pas
inventé l’équivalent de nos jours ? L’ingratitude de ceux
qui ont bénéficié de ses miracles et qui viennent témoigner
contre lui dans les premières pages consacrées au procès (très
drôles d’ailleurs), ne l'observe-t-on pas dans
notre société, qui a vite fait de brûler ce qu'elle a adoré ?
Il
y a enfin quelques pages poignantes, quand Simon et Véronique
allègent, dans tous les sens du terme, le chemin de croix de Jésus.
Episodes bien connus, à qui A.B. apporte une incarnation simple et
émouvante.
IsaH
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