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"La méthode" de David DJAÏZ

Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...

"Le Grand soir" de Gustave KERVERN et Benoît DELEPINE

Unique décor (ou presque) : une zone commerciale, filmée comme les grands espaces d'un western, avec grand angle et prises de vue sophistiquées. Benoît Poelvoorde, alias Not, est "le plus vieux punk à chien d'Europe, et c'est pas facile". Il arpente la zone car ses parents y tiennent la "Pataterie" locale. Son frère  travaille quant à lui dans un magasin de matelas. Il n'a que mépris pour son frère marginal, mais sa vie si bien réglée va basculer dès lors qu'il perd son boulot. D'un coup, le punk paraît bien inoffensif à côté  du cadre moyen qui pète les plombs... 
Dupontel en fait des tonnes et ça marche. Mais on n'a d'yeux que pour Poelvoorde, qu'on a l'impression d'avoir croisé plein de fois et qui fait un travail en profondeur et sans esbrouffe facile sur un archétype et une figure de notre société, le marginal (avec chien, mention spéciale à l'adorable jack russel qui vaut bien Uggie). Les scènes s'enchaînent, drôles et cruelles, soignées et poétiques, décalées et hyperréalistes. 
De ces deux réalisateurs, j'ai préféré "Mammuth", "Le Grand soir" est parfois un peu longuet, mais assène avec force et cohérence les désillusions qu'engendre sur les hommes une société marchandisée et formatée .
IsaH

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