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"La méthode" de David DJAÏZ

Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...

Un concours de circonstances d'Amy WALDMAN

Que se passerait-il si... ? La fiction interroge souvent le réel en changeant le cours de l'histoire et en inventant d'autres conséquences aux faits. En l'occurrence, que se serait-il passé si l'architecte, désigné pour réaliser le mémorial du 11 septembre au terme d'un concours national préservant l'anonymat des candidats, était un musulman ? Lorsque son nom, Mohamad Khan, est dévoilé au jury, composé d'artistes, de personnalités politiques et de représentants des victimes, c'est la stupeur, vite maîtrisée par le politiquement correct ou une réelle ouverture d'esprit pour certains, mais provoquant des réactions indignées teintées de racisme pour d'autres. Comment gérer cette affaire ? Faut-il faire fi de la procédure totalement transparente du concours en classant le second, dans le plus grand secret des délibérations ? Ou faut-il laisser faire, en affrontant le séisme national que provoquera immanquablement cette désignation... De ce point de départ, Amy Waldman va tricoter avec habileté l'enchaînement implacable des faits, chaque personnage incarnant un point de vue. Elle a l'audace de ne pas faire de Mohamad Khan un homme et un personnage inattaquables. Jeune homme ambitieux et totalement laïc, il tient au prix et à son projet et ne prend pas la décision qui pourrait tout "arranger" : se désister. On comprend son point de vue, mais au fil du roman et des répercussions toujours plus folles et plus violentes, il se transforme en un personnage de plus en plus opaque. Le final est très troublant, finir un tel roman était une gageure, réussie par Amy Waldman, journaliste s'essayant à la fiction avec un réel talent.
IsaH

Commentaires

Anonyme a dit…
Il est dans ma pile de livres à lire... j'ai encore plus envie maintenant!!