Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...
L’auteur de The hours, adapté au cinéma avec Nicole Kidman, nous plonge dans le New York actuel, New York qui tient un rôle, à part entière, New York dans toute sa complexité, dans toute la vie qu’elle déploie. On ressent l’atmosphère si particulière de cette ville…
On pousse la porte de l’appartement de Peter, galeriste et Rebecca, critique et collaboratrice d’une revue culturelle influente. Un couple que l’on pourrait qualifier de « bobo » (je déteste cette expression), brillant, évoluant dans le milieu artistique, résidant dans un bel appartement new yorkais, jouissant d’un niveau de vie élevé, parents d’une jeune fille qui se détourne d’eux et mène une existence plutôt insignifiante ; un couple en apparence heureux, en apparence seulement.
L’auteur nous entraine au cœur de ce couple, au cœur de l’usure des sentiments, du désenchantement de la vie, de la difficile confrontation entre ce que l’on est devenu et ce que l’on voulait être.
L’équilibre précaire, mis en place par le couple au fil des ans, va être mis à mal par l’arrivée de Mizzy, le frère de Rebecca, un jeune homme mystérieux, ambivalent et fragile.
Le style est brillant, l’auteur prend son temps, le temps de vivre, de décrire si bien ces émotions. On vit au rythme de l’histoire et c’est assez rare de ressentir physiquement cette lenteur un peu nostalgique et peu lasse du quotidien.
Roman peu commun.
Charlotte
Commentaires