Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...
Que se passerait-il si une petite ville se trouvait brutalement coupée du monde par un dôme d’une matière non identifiée mais indestructible ? S.King tricote longuement mais efficacement toutes les interactions sociales, psychologiques, politiques d’une telle situation, qui l’intéressent plus que la résolution de l’énigme (qui a créé le dôme ?), un peu décevante d’ailleurs. Des méchants bien méchants, une foule de personnages typés, des péripéties soigneusement orchestrées, une pointe d’humour et de politiquement incorrect, ces deux pavés se lisent d’une traite ! A quand le film ?
IsaH

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