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Sandra Hüller, actrice inconfortable

Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction.  Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante.  Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade  pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...

Du chocolat, des limaces et des amis anglais au cinéma.

3 films articulés autour du couple : Les émotifs anonymes de Jean Pierre AMERIS, Pieds nus sur les limaces de Fabienne BERTHAUD et Another year de Mike LEIGH.





Couple d’émotifs avec la rencontre d’Isabelle CARRE (toujours superbe) et Benoit POELEVOORDE (étonnant mais finalement convaincant) autour d’une passion commune, le chocolat (bien connu pour ces effets antidépresseurs). Un petit film bien construit et attachant qui vaut surtout par le jeu des acteurs.

Couple de sœurs avec le deuil partagé de Ludivine SAGNIER (bien à l’aise dans son rôle de fofolle) et Diane KRUGER ( dont la beauté glacée se fendille d’amour pour sa sœur). Un film qui peut être crispant par la débauche d’effets de décors (arbres habillés de patchwork, baigneurs morcelés jalonnant le jardin et je ne parle pas du dindon aux ongles peints….) Il faut toiletter un peu tout cela écarter les taupes et le côté « trop », censé illustrer l’esprit dérangé de Lily, pour y trouver une très belle histoire d’amour entre 2 sœurs.



Couple dans un jardin anglais : Tom et Gerry (dans le film). Le géologue (Jim Broadbent) et la psy ( Ruth Sheen) sont le genre « il faut cultiver son jardin, pour être heureux ». Ils nous énervent un peu avec leur bonheur et leurs bottes ces deux-là mais ils rayonnent et attirent des amis un peu paumés qui cherchent à glaner des miettes de cet équilibre là. Mike Leigh est sur le mode « triste » après son Be Happy précédent mais finalement son discours reste le même : comment trouver le bonheur quand la vie nous coince d’une manière ou d’une autre ; solitude, deuil….. Et si le bonheur venait avec une petite voiture rouge ? Le regard de Mary en dit plus long que ses discours. Un beau film superbement mis en scène au rythme des 4 saisons du jardin anglais.


Anne

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