Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...

Le contraire de la mort… Titre qui m’intriguait… Tiré d’une chanson italienne… Roberto Saviano nous embarque dans son Italie natale, Italie sombre, semblant sortir d’un autre temps. Deux nouvelles : la perte par une jeune femme de son fiancé soldat en Afghanistan et la vengeance aveugle et absurde de la mafia. Ce récit se lit très rapidement mais tout est dit de la quête d’identité, de la force des sentiments, de l’attachement , parfois involontaire, aux origines avec en toile de fond un constat accablant sur la bêtise humaine et sur l’incapacité des hommes à tirer des leçons de leur passé. On referme le livre en se disant qu’on est bien né, au bon endroit, au bon moment et puis inévitablement subsiste une question : et si c’était moi qui avais dû vivre cette histoire ?
Charlotte
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