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"La méthode" de David DJAÏZ

Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...

"Il y a longtemps que je t'aime" de Philippe CLAUDEL


Que penser du premier film de Philippe Claudel ? J'en suis sortie assez perplexe.

- C'est long mais je ne me suis pas ennuyée (de temps en temps je m'occupais à chercher les endroits de Nancy où les scènes étaient tournées).


- Le face à face entre les deux soeurs fonctionne, K Scott Thomas (Juliette) est géniale, et Elsa Zylberstein (Léa), pour une fois, pas si mal.


Mais la fin est décevante, je n'osais me le formuler, mais en lisant certaines critiques, j'ai compris que c'était cela qui m'avait finalement vraiment gênée. On retombe dans l'"émotionnellement correct". Eh non, Juliette ne pouvait pas être cette criminelle intrigante et attachante en recherche de cette rédemption qu'on était tous prêts à lui accorder, tant que ses motivations à commettre le pire meurtre qu'on puisse imaginer nous était inconnues.


A la marge, quelques motifs d'agacement, pas bien graves mais quand même, dans la description de l'entourage de Léa, prof de littérature à Nancy 2 : les petites filles adoptées (parce-que-Léa-ne-pouvait-pas-sentir-un-enfant-dans-son-ventre, on se demande pourquoi...) ; le grand-père muet suite à une AVC, mais si souriant ; les amis, intellectuels mais qui aiment le foot (vive l'ASNL), bof bof bof.


Deux personnages secondaires surnagent : le collègue de Léa, Michel, double assumé de Claudel lui-même, qui finit par faire revenir Juliette à la vie, et le lieutenant de police, officier de probation dépressif, qui rêve de l'Orénoque.


En bref, Juliette est un personnage digne du souffle et des ambiguités des "Ames grises", placée dans un mélo bien pensant plus proche de l'esprit de "La petite fille de Monsieur Linh". Et pour ce qui est de la thématique de l'enfermement et de la prison, (re)lisez plutôt "Le Bruit des trousseaux".


Je suis un peu sévère, mais j'ai beaucoup d'admiration pour Philippe Claudel écrivain, alors j'attendais beaucoup du cinéaste.


Isa


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