Ce récit, absolument saisissant vient de se voir attribuer le Prix Transfuge 2026 du premier roman. Il s’inspire de faits réels et méconnus qui soulèvent de vertigineux questionnements sur la nature humaine. Sous couvert de la fiction, qui permet peut-être plus que l’essai, d’exploiter les différentes nuances de gris qui composent la réalité, nous suivons les traces de Paul Remlinger, vétérinaire-biologiste, qui a assisté de près aux exploits de Louis Pasteur, ce génie à qui il voue une admiration sans borne. Mais Remlinger, jeune homme timide et presque falot restera un personnage secondaire dans l’histoire de la Science à l’inverse de ses contemporains de l’Institut Pasteur comme Albert Calmette ou Emile Roux. Affecté à l’Institut Antirabique de Constantinople en 1901, Paul va y végéter de nombreuses années, faute de moyens humains et financiers. C’est un homme solitaire qu’une vie routinière apaise, obsédé par l’hygiène et entièrement tourné vers la vérité scientifique. Mais l’hi...

Heureusement pour moi qui ai tout oublié des cours de maths, la 4ème de couverture rappelle ce qu'est la théorie de Riemann : les parallèles suivent en fait une trajectoire courbe, et tôt ou tard, finissent par se rejoindre. On voit bien comment un romancier peut s'emparer d'une telle idée. Simon Kuntz, jeune auteur lorrain, s'y attelle avec un certain talent.
De courts chapitres alternent les différents points de vue d'une famille marquée par la folie et la mort. Snooky, jeune arriéré mental en proie à des accès de violence, réintègre après des années en institut la maison familiale, ou plutôt la remise que son père a consenti à retaper pour lui. Un père qui ne l'a jamais accepté et qui pleure toujours la mort de sa fille. Anna, la mère, est la seule à aimer Snooky, même son frère Jacques, devenu militaire, a quitté la maison, et ne revoit plus guère la famille. Jusqu'à ce qu'il se marie avec Jeanne et qu'un hasard de mutation le nomme dans la région immédiate de ses parents...
Un roman très court et qu'on lit d'une traite. Simon Kuntz a du talent pour incarner ses personnages et pour dévoiler petit à petit tous les secrets qui les habitent. Jusqu'au drame final.
Je vous conseille ce roman passé totalement inaperçu à sa sortie en janvier 2006. Il y a un univers, une histoire, une écriture soignée et sans esbrouffe. Un premier roman réussi.
Isa
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