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"Artemisia", une BD de Nathalie FERLUT et Tamia BAUDOIN

Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

"Monster" de Patty JENKINS


Aileen est une paumée, prostituée depuis l'adolescence, abandonnée par sa famille. Elle trace sa route tant bien que mal, une route qui va un jour prendre un virage funeste, lorsqu'elle rencontre la jeune Selby. Elle tombe folle amoureuse, et cela ne lui était bien sûr jamais arrivé, elle que les hommes utilisent sexuellement sans même la voir. Le même soir, sa passion éclate, la rendant folle de bonheur, puis elle est atrocement agressée par un client, qu'elle tue en état de légitime défense.
Ce film de Patty Jenkins, sorti en 2004 et inspiré d'un fait divers réel, est implacable. La dérive meurtrière de l'héroïne n'est jamais excusée ou justifiée (sauf peut-être pour le premier meurtre). elle est bien un monstre, qui va tuer 7 fois, 7 clients pas tous aussi ignobles que le premier, dans une gradation d'ailleurs très bien montrée. Elle est bien un monstre (Charlize Theron, défigurée, met mal à l'aise avec son regard fou), mais un monstre qu'on plaint de tout notre coeur, tant elle a été bafouée tout au long de sa vie. Un monstre qui protègera son amie jusqu'au bout. Le personnage de Selby est lui aussi intéressant, beaucoup plus complexe finalement et très insaisissable, Christina Ricci incarne avec une certaine froideur ce mélange d'innocence et d'aveuglement volontaire.
Parfois un peu long, c'est un film loin des standards hollywoodiens, sans happy end, que je vous recommande.
Isa

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