Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...


Je viens de terminer un pavé chez Gallimard : La Tache de Philip ROTH, monument de la littérature américaine contemporaine.
Adapté il y a quelques années au cinéma sous le titre La Couleur du mensonge, avec Anthony Hopkins et Nicole Kidman, le livre met en scène Coleman Silk, honorable doyen de faculté juif (ça a son importance) , qui sur un malentendu, un mot mal choisi pour parler de ses étudiants, va se retrouver attaqué pour racisme. Sa vie bascule d'un coup. Révolté par l'injustice, il ne veut pas céder à ceux qui lui conseillent de s'excuser, lui sait qu'il n'a rien dit d'injurieux mais dans cette Américaine corsetée par les quotas appliqués aux "minorités" et le politiquement correct, en ces années de scandale Clinton / Lewinsky, son obstination passe pour de la provocation.
Seulement Coleman Silk est loin d'être celui qu'on croit. Un long flash back revient sur sa jeunesse et le secret qui a fondé sa vie...
Un livre salutaire et malheureusement visionnaire en ces temps troublés où certains tentent de monter les "minorités" les unes contre les autres. L'Amérique raciste des années 50, envers les noirs, les juifs, est dépeinte avec beaucoup d'ampleur. L'Amérique pudibonde des années 90, qui cloua Clinton au pilori, n'est guère épargnée non plus. Beaucoup de souffle et de thèmes brassés dans ce roman majeur. Le film, que j'ai vu avant de lire le livre, était bien mais pas aussi corrosif.
Commentaires
Je viens de me procurer le dernier Roth en anglais "The plot against America", une histoire en "et si..." : que ce serait il passé si Lindgergh, l'aviateur droitiste bien connu, avait battu Roosevelt aux élections présidentielles en 1940... A suivre !
PS: félicitations pour le blog et meilleurs voeux à tous les lecteurs de Kesketalu