C’est avec Bondrée , son roman paru en 2017 et qui l’a fait connaître en France, que la québécoise Andrée A. Michaud énonce un postulat qui va devenir le mantra de toute son œuvre : « la stabilité du monde repose sur des assises qu’un simple coup de vent mauvais peut emporter. » et c’est exactement ce à quoi on va assister dans son dernier roman, Baignades , au pluriel. Première partie : Laurence, Max et leur petite fille de cinq ans Charlie, viennent d’arriver au camping du Lac aux sables, pour des vacances bien méritées. Hélas, pas le temps de savourer les morsures du soleil ou la beauté idyllique des paysages, tout va se détraquer en deux temps trois mouvements. Un engrenage fatal d'événements absurdes et de décisions malencontreuses vont précipiter la petite famille dans une nuit cauchemardesque. Deuxième partie : quatre années sont passées. Laurence et Charlie ont survécu à l’enfer. A l’occasion du congé de la Saint-Jean, elles se rendent dans la mai...
Je l'avoue, je n'avais jamais lu Régis Jauffret. Pas par méconnaissance mais parce que c'est comme ça, il y a des auteurs qu'on n'arrive pas à se décider à lire. Est-ce un penchant malsain pour le fait divers qui m'a poussé à ouvrir "Claustria" ? Oui sans doute et aussi parce que le traitement d'évènements réels par la fiction m'intéresse et a produit des chefs d'oeuvre tant en littérature qu'au cinéma (Gus van Sant avec "Elephant", Emmanuel Carrère et Nicole Garcia avec "L'Adversaire"...).
Donc on plonge avec Régis Jauffret dans une abominable histoire qui a fait le tour du monde, celle de ce père autrichien qui a séquestré sa fille pendant 20 ans dans la cave de sa maison et lui a fait enfant sur enfant... Les points de vue du récit sont divers : Régis Jauffret lui-même enquêtant sur l'affaire, les protagonistes, dans une chronologie éclatée qui ménage de longs tunnels (si j'ose dire) de narration classique sur les années d'enfermement de la jeune fille/femme. Jauffret donne son interprétation de la monstruosité du père, c'est à peine croyable, et c'est totalement crédible. Un roman étouffant et rempli de questions, qui n'élude aucun détail sordide mais ne s'en repaît pas. Une vraie réussite sur laquelle il est difficile de mettre des mots.
IsaH
IsaH

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