👍 Bibliosurf a distingué cette critique On connaît tous le célèbre aphorisme de Montaigne : « les voyages forment la jeunesse » consigné dans ses Essais . Eh bien, chez Joyce Maynard c’est tout le contraire. Ici, le voyage entrepris par deux de ses protagonistes ne forme personne et va plutôt aboutir à l’irréparable. Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2021, L’influenceuse raconte l’histoire de deux jeunes gens, Kevin et Tammy, qui décident de scénariser sur Instagram leur road trip à travers le pays, road trip au terme duquel Kevin va finir par tuer Tammy. Je ne dévoile rien puisque le roman débute précisément sur cette fin tragique. Et tout le but du jeu, c’est de reprendre les faits à rebours, de tirer le fil de la pelote pour mieux comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette issue fatale. Pour cela Maynard donne la parole à chacun des personnages de l’histoire (sauf Tammy, je reviendrai plus tard sur cet aspect...
D'elle j'avais adoré "Légende d'un dormeur éveillé", cette magnifique évocation du poète Robert Desnos, et "Le bureau d'éclaircissement des destins". "L'Homme sous l'orage" ne fait pas exception, et je ne suis pas loin de tenir Gaëlle Nohant pour l'une des plus grandes plumes françaises du moment.
Chacun de ses romans nous plonge dans une période particulière, et il s'agit ici de la 1ere guerre mondiale. Pour une fois, nous ne sommes pas dans l'Est de la France ou dans la Somme, mais dans un domaine viticole des Pyrénnées orientales, non loin de la frontière espagnole, celle-là-même qu'empruntent les plus chanceux des déserteurs, ceux qui ne sont pas arrêtés et fusillés avant d'avoir quitté la France. Théodore Brienne est de ceux-là (les chanceux). Mais avant cela, il passe plusieurs mois dans le grenier du chateau, caché par la jeune Rosalie qui a eu pitié de lui. Théodore, dans une ancienne vie a été un peintre en vue, proche des Fauves et du mouvement du Blau Reiter. Rosalie découvre l'art en même temps que l'amour.
Mais quel avenir cet amour clandestin a-t-il ?
Comme elle sait si bien le faire, Gaëlle Nohant reconstitue l'ambiance d'une époque, restitue l'absurdité et la cruauté de "la grande boucherie" et nous donne littéralement à voir quelques unes des oeuvres d'André Derain, Franz Marc ou August Macke.
Chaque phrase est dense et juste, à sa place. Et pourtant, aucune froideur dans le style de Gaëlle Nohant. Il ne s'agit pas de la fameuse écriture "au scalpel", mais au contraire d'une prose, qui par son économie et sa justesse donne toute sa place à une émotion vraie.
Chacun de ses romans nous plonge dans une période particulière, et il s'agit ici de la 1ere guerre mondiale. Pour une fois, nous ne sommes pas dans l'Est de la France ou dans la Somme, mais dans un domaine viticole des Pyrénnées orientales, non loin de la frontière espagnole, celle-là-même qu'empruntent les plus chanceux des déserteurs, ceux qui ne sont pas arrêtés et fusillés avant d'avoir quitté la France. Théodore Brienne est de ceux-là (les chanceux). Mais avant cela, il passe plusieurs mois dans le grenier du chateau, caché par la jeune Rosalie qui a eu pitié de lui. Théodore, dans une ancienne vie a été un peintre en vue, proche des Fauves et du mouvement du Blau Reiter. Rosalie découvre l'art en même temps que l'amour.
Mais quel avenir cet amour clandestin a-t-il ?
Comme elle sait si bien le faire, Gaëlle Nohant reconstitue l'ambiance d'une époque, restitue l'absurdité et la cruauté de "la grande boucherie" et nous donne littéralement à voir quelques unes des oeuvres d'André Derain, Franz Marc ou August Macke.
Chaque phrase est dense et juste, à sa place. Et pourtant, aucune froideur dans le style de Gaëlle Nohant. Il ne s'agit pas de la fameuse écriture "au scalpel", mais au contraire d'une prose, qui par son économie et sa justesse donne toute sa place à une émotion vraie.

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