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"Tout mais pas Beyrouth", roman graphique de DIEZ et JIBÉ

Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco  !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

"L'Homme sous l'orage" de Gaëlle NOHANT

D'elle j'avais adoré "Légende d'un dormeur éveillé", cette magnifique évocation du poète Robert Desnos, et "Le bureau d'éclaircissement des destins". "L'Homme sous l'orage" ne fait pas exception, et je ne suis pas loin de tenir Gaëlle Nohant pour l'une des plus grandes plumes françaises du moment.
Chacun de ses romans nous plonge dans une période particulière, et il s'agit ici de la 1ere guerre mondiale. Pour une fois, nous ne sommes pas dans l'Est de la France ou dans la Somme, mais dans un domaine viticole des Pyrénnées orientales, non loin de la frontière espagnole, celle-là-même qu'empruntent les plus chanceux des déserteurs, ceux qui ne sont pas arrêtés et fusillés avant d'avoir quitté la France. Théodore Brienne est de ceux-là (les chanceux). Mais avant cela, il passe plusieurs mois dans le grenier du chateau, caché par la jeune Rosalie qui a eu pitié de lui. Théodore, dans une ancienne vie a été un peintre en vue, proche des Fauves et du mouvement du Blau Reiter. Rosalie découvre l'art en même temps que l'amour. 
Mais quel avenir cet amour clandestin a-t-il ?

Comme elle sait si bien le faire, Gaëlle Nohant reconstitue l'ambiance d'une époque, restitue  l'absurdité et la cruauté de "la grande boucherie" et nous donne littéralement à voir quelques unes des oeuvres d'André Derain, Franz Marc ou August Macke. 
Chaque phrase est dense et juste, à sa place. Et pourtant, aucune froideur dans le style de Gaëlle Nohant. Il ne s'agit pas de la fameuse écriture "au scalpel", mais au contraire d'une prose, qui par son économie et sa justesse donne toute sa place à une émotion vraie. 


 

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