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"L'influenceuse" de Joyce MAYNARD

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  On connaît tous le célèbre aphorisme de Montaigne : «  les voyages forment la jeunesse  » consigné dans ses Essais . Eh bien, chez Joyce Maynard c’est tout le contraire. Ici, le voyage entrepris par deux de ses protagonistes ne forme personne et va plutôt aboutir à l’irréparable. Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2021, L’influenceuse raconte l’histoire de deux jeunes gens, Kevin et Tammy, qui décident de scénariser sur Instagram leur road trip à travers le pays, road trip au terme duquel Kevin va finir par tuer Tammy. Je ne dévoile rien puisque le roman débute précisément sur cette fin tragique. Et tout le but du jeu, c’est de reprendre les faits à rebours, de tirer le fil de la pelote pour mieux comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette issue fatale. Pour cela Maynard donne la parole à chacun des personnages de l’histoire (sauf Tammy, je reviendrai plus tard sur cet aspect...

Ma vie avec Liberace de Steven SODERBERGH

Soderbergh nous surprendra toujours. Après Contagion et Side effects, voici la biographie du kitchissime mais néanmoins virtuose pianiste Liberace. "Liberace n'est pas Rubinstein, mais Rubinstein n'est pas Liberace..." Avec cette citation délicieuse et pleine de sens, Soderbergh nous introduit dans l'univers de cet artiste américain  des années 70, dont en France on mesure mal l'extraordinaire notoriété. Les 20 premières minutes sont à tomber par terre : Matt Damon, jeune homo indécis et un peu plouc, se retrouve à un concert de Liberace à Las Vegas. Le boogie woogie exécuté par une main gauche animée d'une vie propre (les  pianistes amateurs, dont je suis,  seront hallucinés) est l'occasion pour Liberace d'un sketch en interaction avec le public : c'est drôle et tarte à la fois, mais cette scène clé où l'on lit la fascination dans le regard de Matt Damon pour le brillant / clinquant showman, permet de comprendre toute leur histoire. Car elle pourrait sembler bien invraisemblable, cette passion amoureuse entre un jeune homme et une "vieille folle" despotique. Michael Douglas réussit pourtant le tour de force de la rendre crédible, tant il frôle la caricature sans jamais tomber dedans. Jusqu'à sa voix est méconnaissable. Il est ahurissant de véracité. Alors bien sûr il est question d'argent, de domination, de jeunes hommes se succédant dans le lit du maestro. Mais quand vient la dernière heure, celle où les masques tombent, ne reste qu'un véritable amour, certes singulier, mais réel et réciproque, et donc universel. J'ai versé ma petite larme...
IsaH

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