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"Tout mais pas Beyrouth", roman graphique de DIEZ et JIBÉ

Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco  !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

Le passé continu de Neel MUKHERJEE

Ce premier roman de l'indien Neel Mukherjee (écrit en anglais) a été très remarqué à sa sortie, et ce n'est pas étonnant. Sa maîtrise et son talent, pour un coup d'essai, forcent l'admiration.
Un roman original, foisonnant qui se déploie sur plusieurs plans en mettant en perspective différentes époques et différents personnages, tous aussi passionnants les uns que les autres. Nous passons ainsi de la vie à Calcutta dans la 2de moitié du 20ème siècle, aux bas-fonds de Londres dans les années 90, de la partition du Bengale en 1905 au monde glauque de la traite des travailleurs immigrés illégaux en Angleterre, en passant par l'ornithologie(!)
En bref, et pour être plus précise : dans les années 90, Ritwik, qui vit à Calcutta dans une famille qui s'est toujours battue contre la misère, perd ses 2 parents. Brillant élève, il obtient une bourse pour aller étudier à Londres.
Là, en même temps qu'il découvre le monde étudiant cosmopolite en Angleterre, il commence un roman consacré à la partition du Bengale et parallèlement s'enfonce dans les bas-fonds, poussé par une homosexualité qui s'exprime dans des situations scabreuses. Jusqu'à ce qu'il entre au service d'une très vieille dame, qu'il soigne et dorlote. Est-ce le temps de la rédemption ?
Le temps passe, la bourse comme le visa d'étudiant ont expiré, et pour ne pas abandonner la vieille Anne Cameron, Ritwik devient un immigré clandestin, qui va grossir les rangs de ceux qui recherchent tous les matins à se vendre à des employeurs-négriers (ici on pense au terrible "It's a free world" de Ken Loach).
On passe des couleurs indiennes (mais on est loin de Bollywood), au gris puis au noir de l’Angleterre. Les deux histoires se renvoient l'une à l'autre, et se nourrissent l'une de l'autre. Vous l'aurez compris, un excellent roman.
Cath

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