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"Tout mais pas Beyrouth", roman graphique de DIEZ et JIBÉ

Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco  !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

"Un pied au paradis" de Ron Rash


Une vraie belle découverte que Ron Rash et son roman Un pied au paradis. Etrange titre d’ailleurs pour un roman noir, très noir, en forme de polar, mais dans lequel la résolution du crime n’est pas le pivot central.

Nous sommes dans les Appalaches, dans les années 50. Les paysans travaillent dur une terre aride, et sont en sursis. Une compagnie électrique rachète une à une toutes les terres pour construire un barrage et inonder à terme le comté. Chacun s’accommode comme il peut de cette perspective.

L’histoire, racontée de différents points de vue, s’ouvre avec Alexander, le sherif, un des rares habitants à avoir fait des études. Appelé sur les lieux d’une bagarre, il réprimande Holland Winchester, un héros de la deuxième guerre mondiale, un peu déboussolé depuis son retour. Quelques jours plus tard, Holland disparaît sans laisser de traces. Sa mère est persuadée qu’il a été tué. Alexander va mener l’enquête, à sa manière, désabusée mais tenace. Son intuition et ses soupçons se portent rapidement sur les voisins d’Holland, Amy et surtout son mari Billy.

Les éléments sont en place pour une véritable tragédie familiale et rurale : un drame de l’amour, de la jalousie et de la filiation chez des gens simples que Ron Rash décrit à merveille, tout comme la nature âpre et rude qui les entoure.
L’histoire est racontée en 5 chapitres, du point de vue des personnages principaux, le shérif et son adjoint ouvrant et clôturant le récit. Seul Holland n’a pas la parole… Chaque récit adopte le langage et le phrasé de ses personnages,

C’est un roman vraiment formidable, ancré dans une époque, les années 50, et un lieu, l’Amérique rurale, mais qui a une portée véritablement universelle dans les sentiments qui animent les personnages. Un beau fleuron de la littérature sudiste, à qui la traduction semble faire honneur, mais qu’on préfèrerait arriver à lire en version originale.
IsaH

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