👍 Bibliosurf a distingué cette critique On connaît tous le célèbre aphorisme de Montaigne : « les voyages forment la jeunesse » consigné dans ses Essais . Eh bien, chez Joyce Maynard c’est tout le contraire. Ici, le voyage entrepris par deux de ses protagonistes ne forme personne et va plutôt aboutir à l’irréparable. Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2021, L’influenceuse raconte l’histoire de deux jeunes gens, Kevin et Tammy, qui décident de scénariser sur Instagram leur road trip à travers le pays, road trip au terme duquel Kevin va finir par tuer Tammy. Je ne dévoile rien puisque le roman débute précisément sur cette fin tragique. Et tout le but du jeu, c’est de reprendre les faits à rebours, de tirer le fil de la pelote pour mieux comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette issue fatale. Pour cela Maynard donne la parole à chacun des personnages de l’histoire (sauf Tammy, je reviendrai plus tard sur cet aspect...

Deux soirs de suite la télé programmait ce mois-ci les remises de prix traditionnelles pour le cinéma et la musique. Voir récompenser les meilleures oeuvres et les meilleurs artistes pour 2008, c'est toujours intéressant... je m'y colle. Ca commence avec les César.
Bon, comme toujours, le film le plus nominé ne repart pas avec le plus de compressions (Mesrine), et le plus intellectuellement correct s'en sort avec tous les honneurs (Séraphine). Je n'avais eu envie d'aller voir ni l'un ni l'autre, trop attendus chacun dans leur genre. Le film de notre gloire locale P.Claudel (Il y a longtemps que je t'aime) ne s'en tire pas mal, bien que très moyen à mon avis, voir mon message à ce sujet dans ce blog. Quelques satisfactions personnelles grâce aux deux césar pour deux des enfants de Gamblin et Zabou dans Le premier jour du reste de ta vie. Ce film est mon César perso.
La cérémonie fut malgré tout interminable et pas particulièrement drôle, sauf quand De Caunes, parlant du concert d'AC/DC de la veille, fit mine de répondre à C.Albanel :"Si si, madame la ministre, ils ont joué Highway to hell". Yolande Moreau, meilleure actrice, a réussi à parler de super U et de monoprix ... c'était rigolo. Et, heureusement, il y a eu les mimiques d'Emma Thompson, semblant vouloir arracher les mots de certains nommés, c'était le grain de folie et de légèreté qui a fait passer le temps.
Bon an, mal an, tout cela était de bon ton, et les nommés comme les nominés n'avaient pas volé d'être là.
Ca se corse salement avec les Victoires de la musique. Mon dieu, quelle indigence, nous étions atterrés. Je le dis, haut et fort, à bas la "nouvelle scène française" ! On en a marre de ces chansons sketchs sur les plus insignifiants moments de notre pauvre existence. Delerm, cette fois-ci, c'était les voyages en autoroute... Je n'ai rien contre les chansons sketchs, mais il faut qu'elles soient DROLES !!! Révisez votre Renaud, les gars...
Et puis il y eut l'insupportable Cali... Alors lui c'est le pompon. Son registre, c'est la chanson de révolte adolescente. Le hic , c'est qu'il a quarante balais, et qu'il a mal digéré son U2 des années 80 (les choeurs héroïques de ses accolytes sont sur deux notes). A part nous prouver sa forme, en courant de long en large, sa prestation était pathétique : voix exsangue, yeux exorbités façon je-suis-habité-par-le-message de-ma-chanson : "sens-tu le vent de la liberté" (sic), sollicitation putassière du public... Je ne vous parle même pas d'Anaïs débarquant sur un cheval pour nous chanter qu'elle a une angine... Ca a été le coup de grâce. J'ai quasiment été soulagée de voir arriver Julien Doré et chansonnette un tout petit peu maligne, c'est vous dire...
Il y avait Bashung, me direz-vous, pour sauver ce palmarès 2008. Mais là aussi c'était déprimant de le voir si affaibli... je n'insiste pas. Citons tout de même Abd Al Malik et Catherine Ringer, qui ont haussé temporairement le niveau de la soirée.
Conclusion : le cinéma français se porte mieux que la chanson française. Espérons que ce n'est qu'un creux provisoire... J'attends vos réactions.
Isa
Isa
Commentaires
Pour moi, c'est le cas avec Bashung... émue par sa disparition, alors qu'il ne faisait pas partie de mes préférences musicales, je découvre Bleu Pétrole... Magistral!
Charlotte