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"L'influenceuse" de Joyce MAYNARD

👍 Bibliosurf a distingué cette critique  On connaît tous le célèbre aphorisme de Montaigne : «  les voyages forment la jeunesse  » consigné dans ses Essais . Eh bien, chez Joyce Maynard c’est tout le contraire. Ici, le voyage entrepris par deux de ses protagonistes ne forme personne et va plutôt aboutir à l’irréparable. Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2021, L’influenceuse raconte l’histoire de deux jeunes gens, Kevin et Tammy, qui décident de scénariser sur Instagram leur road trip à travers le pays, road trip au terme duquel Kevin va finir par tuer Tammy. Je ne dévoile rien puisque le roman débute précisément sur cette fin tragique. Et tout le but du jeu, c’est de reprendre les faits à rebours, de tirer le fil de la pelote pour mieux comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette issue fatale. Pour cela Maynard donne la parole à chacun des personnages de l’histoire (sauf Tammy, je reviendrai plus tard sur cet aspect...

"La route" de Cormac Mc CARTHY


Attendu comme l'évènement de la rentrée littéraire de janvier 2008, le dernier roman du géant des lettres américaines, Cormac McCarthy, tient toutes ses promesses. La route, c'est celle que prennent, à pied, un père et son jeune fils, pour rejoindre le sud, dans une Amérique du Nord post-apocalyptique. Ils recherchent la chaleur, au moins la chaleur, dans l'univers de désolation qu'est devenu leur monde. Que s'est-il passé, on ne le saura pas. Mais les Etats-Unis ne sont plus que cendres et vestiges de civilisation fantômatiques, où errent de pauvres gens comme nos héros. Tous redoutent de croiser les "méchants", comme dit le petit garçon. Ceux qui dépècent (et dévorent) leurs semblables.

Quelque part entre références bibliques et Mad Max (pour les décors), Cormac McCarthy nous livre un roman à la fois très littéraire, et très visuel. Les premières pages, situant peu les personnages et le contexte, m'ont fait craindre que l'auteur ne tienne pas la route (pardon) sur tout le récit. Et puis très vite, l'émotion gagne, et quelques flash backs donnent corps et vie à nos deux fuyards. Cormarc McCarthy creuse encore ici sa thématique fétiche, le mal. Son écriture, simple et ample à la fois, décrit par le menu le tragique quotidien des personnages, puis prend soudain de la hauteur, pour faire décoller le récit vers une parabole sur la malédiction de l'humanité.


Isabelle

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