Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

Quel meilleur contexte pour lire ce livre que la campagne présidentielle (mais de 2007 cette fois)… Mitterrand vient d’être élu et les français, de droite et de gauche, s’interrogent : et maintenant ? Certains ont peur, d’autres sont pleins d’espoir… Elise, jeune attachée auprès de la présidence de la République, découvre le monde politique et le pouvoir (même si les noms changent parfois, les portraits sont si fins qu’on ne peut s’empêcher de faire le lien avec des personnages ayant existé !). Louis, à l’inverse, fils de parents inquiets par l’arrivée de la gauche au pouvoir, ne sait trop que penser que tout ce changement… Sur fond d’histoire d’amour, Erik Emptaz, rédacteur en chef du Canard Enchainé, nous dresse le portrait du pouvoir de l’époque…Instructif, piquant, cynique parfois, drôle, touchant, avec son style bien trempé, on suit avec intérêt et bonheur, le parcours -initiatique- d’Elise et Louis.
Charlotte
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